Affichage des articles dont le libellé est Québec. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Québec. Afficher tous les articles

dimanche 29 janvier 2012

Un beau samedi qui laisse des traces!!

Hier, 28 janvier, c'était le jour de l'anniversaire de mon ancienne colocataire et actuelle cousine, venue me visiter dans mon Alsace profonde à trois reprises et dont je m'ennuie terriblement!!!!

Elle a eu 40 ans, est devenue vieille et ratatinée comme moi, c'est du moins ce que je constaterai certainement à notre prochaine rencontre, et j'espère qu'elle a passé une crisse de belle journée!!!

Hier, c'était aussi samedi, jour de nos courses hebdomadaires que nous préférons maintenant faire sur le sol allemand puisque tout y est pas mal moins cher et souvent de meilleure qualité!!! J'ai été étonnée de voir toutes les variétés de fromages à tartiner allégés!!! Saveur de poivron grillé, aux fines herbes, à l'ail... alors que - du moins dans mon supermarché de ma région - en France je dois me contenter du fromage nature, ce qui est beaucoup moins agréable lorsque l'on ne peut varier les plaisirs!!!

J'ai d'ailleurs acheté de quoi faire de la bonne soupe aux pois dont je vous donnerai peut-être la recette si vous êtes sages... (en fait, si elle n'est pas réussie, je ne vous la donnerai pas sous prétexte que vous n'avez pas été sages!)

En soirée, nous nous sommes rendus à Strasbourg dans le but d'aller voir les Cow-boys fringants au Zénith. J'ai été très heureuse de voir qu'il y avait du monde à profusion, que des artistes québécois avec l'accent et les expressions bien québécoises pouvaient séduire un public français. 

J'ai été un peu déçue de ma soirée... en particulier parce que nous n'avions pas de place assise et que j'ai passé l'âge de rester debout pendant deux heures... ce qui fait en sorte qu'aujourd'hui, à l'heure où je vous raconte tout ça, je carbure aux Advil avec des douleurs lombaires s'étendant jusqu'aux genoux... Je suis vieille et je l'assume!!!

Cet inconfort, que je ne supporte plus, m'a grandement empêchée de profiter positivement de ce qui se passait sur la scène.

Je n'ai jamais adoré ce groupe, mais comme c'est à peu près le seul qui vient jusqu'ici, et qu'il venait pour la quatrième ou cinquième fois depuis mon départ du Québec, j'espérais toujours y aller afin de me plonger un peu dans l'atmosphère. Mon frère me les avait fait connaître en m'envoyant un de leurs CD avec une chanson pour moi. Ca m'avait touchée de sa part et j'avais trouvé le groupe sympa, surtout leurs paroles (je ne suis pas fan de musique, mais de textes, ce qui me distingue énormément du mari dont je suis la femme qui, lui, peut entendre un texte de merde sur une belle musique... il kiffe!!!!)


Après, ben... je ne sais pas si je peux me permettre de dire réellement ce que je pense...


Et puis merde!!! Je fonce!!!!! Je trouve que ça fait petit groupe de garage qui fait de la musique entre chums qui ont été au bon endroit au bon moment et qui n'ont ni le talent nécessaire pour réussir vraiment, ni le charisme, ni grand-chose, quoi!!!!! Ce n'est pas harmonieux musicalement, les enchaînements ne sont pas beaux, ça fait amateur!!!! Rien n'est original, leurs costumes sont clichés, leur musique utilisant le côté folklorique modernisé n'a rien de nouveau, ils plaisent comme par hasard, comme si leur succès avait été gagné au loto... sans parler de nombreux textes tellement inspirés par ceux d'autres chanteurs que ça frise un peu trop le ridicule... ou de leur côté Indochine à toujours réutiliser une combinaison gagnante...


De plus, voir le chanteur essuyer sa bouche salivante et son front transpirant à l'aide de sa cravate m'a quelque peu dégoûtée... à toutes les deux minutes il te prenait ça et se passait la cravate dans le visage, un peu en dessous des bras, une touche derrière les... bon, en tout cas... 


J'ai tout de même passé un beau moment à regarder les gens apprécier un groupe de mon pays, j'ai eu du plaisir à entendre les morceaux que je connaissais mais je pense que si j'avais été confortablement assise, mon bien-être aurait été multiplié par deux!!!


Je ne retournerai pas les voir... mais je garde précieusement mon billet, en souvenir...

vendredi 20 janvier 2012

Un moment de calme

Confortablement installée sur le moelleux d'un lit, tête appuyée contre un oreiller de plumes, café chaud... les pensées s'envolent d'elles-mêmes, se faufilant parmi des souvenirs phares et retrouvant, repêchant à grands coups de moulinet, les détails, personnages et autres réminiscences d'un passé, des multiples versions de soi-même ayant tour à tour parcouru les méandres de ce monde.

Un appartement près du Jardin Botanique, promenades durant les longs après-midis ensoleillés et doux, inspirant les différents parfums composant cette nature variée et magnifique, inhalant la terre humide avec le même plaisir que les arômes capiteux de ces fleurs dont la profusion n'altère en rien le bon goût et la magie des lieux.

Un chalet près d'un lac, une plage de sable et des courses folles... un feu dans la forêt, discret, bravant l'interdiction parentale, et des dizaines de guimauves embrochées, à moitié calcinées, suintant d'une pâte blanche épaisse et coulante, sucrée à souhait et dont la saveur se mêlait agréablement avec le goût de la croûte brûlée...


Chahuts et provocations dans de petits restaus, disputes et revanches, lancers de saucisses et frondes adolescentes... terrorisme au juke-box et rires niais... gloussements de jeunes dindes en rébellion contre un monde qui ne tarderait pas à les assagir.


Soirées entre amis, longues dégustations de repas communautaires, petites et grandes cuites, jeux interminables, organisations un peu folles, souvent délectables, parfois un peu trop... folies, démesures et plaisirs, sorties, danses et musique, percings et amitiés fortes, expériences colorées et rigolotes...

On oublie, on relègue dans un passé-coffre dont on ferme la serrure à double tour... et c'est lorsqu'un déjà-vu, une odeur, un son... voire la vue d'une couleur ou d'une ondulation fait remonter un souvenir à la surface d'un conscient involontaire que l'on se rend compte de l'importance de toute cette masse de vie dans notre vécu actuel, nos décisions et nos angoisses, nos rêves et nos hésitations.

En ce moment... j'ai de très beaux souvenirs...

samedi 17 décembre 2011

Petit ménage sur Facebook!!

Lors de mon inscription sur Facebook, je me suis lancée dans une chasse aux amis!!!! Et on y va, tous ceux que j'ai connus, y compris la famille, les amis, les anciens des écoles que j'ai fréquentées, mes voisins, ceux qui attendaient avec moi à la caisse du Métro en mars 1993, la petite fille qui mettait sa main dans sa culotte pleine de pisse avant de courir après nous en la brandissant pour nous toucher et le caissier du dépanneur!!!

Ah comme ça y allait les retrouvailles au début!!!! Qu'est-ce que t'es devenue et patati et patata!!!! Mais on s'en fiche de ce qu'on devient!!! Au fond, ce n'est que pour s'amuser, remonter un peu le temps, effacer pour un instant les nombreuses années nous séparant de notre collège, de la cour d'école ou de notre première brosse (cuite)!!! 

J'ai eu des enfants, je me suis mariée, je travaille à tel endroit, et je vis à tel autre!!! Woww!!!!! Moi aussi ça ressemble à ça!!!! Quelle coïncidence!!! Non mais comme le monde est petit!!!! Et à part ça???? Ben, rien!! 

Pourquoi? Parce qu'on n'a rien à se dire, bordel!!! 

Et toute la famille qui se croit encore autorisée à porter des jugements sur ma vie, sur mes orientations ou sur les choix que j'ai dû faire!!! T'as entendu ça? Il paraît que? Tu peux pas me dire que? Alors garde ça pour toi!!! J'ai autre chose à faire!!!!! Dis-moi, demande-moi, confronte-moi!!! Point!! En-dehors de ça, débarrasse!!!!

Il y a d'autres relations qui ne sont pas viables à distance!! Oui, quand j'étais à Montréal on était proches, mais maintenant c'est fini!! Parce qu'on est pas des écriveux, parce qu'on n'a peut-être pas tellement de choses en commun, finalement, en-dehors des fous rires et du bien-être immédiat quand on est ensemble!!


C'est la vie!!! On ne peut reprocher aux gens d'être ce qu'ils sont, ou d'avoir été ce qu'ils ont été - assez logique! - ou d'évoluer, ou de se détourner quand certaines situations deviennent lourdes ou inintéressantes!!! 


Ma vie n'a rien à voir avec mes amitiés Facebook!! Ce n'est qu'une façon pour moi de rester en contact avec ceux que je choisis!!! 


Alors j'ai pris un peu plus de 30 personnes dans mes petits bras, je les ai tous emmenés à la poubelle, même ceux qui se débattaient - peu nombreux - et j'ai bien pressé pour tous les faire entrer!!


J'ai fermé le couvercle, donné un beau grand coup de pied dans le tas, pris un profond "respir"!!!!! 


Quin toé!!!! (On pourrait traduire ça par... euh... vlan dans les dents... ou euh... dans les coucougnettes? L'un ou l'autre, quoi...)

samedi 12 novembre 2011

Hiver maudit!!!


A chaque année, lorsque l'hiver se profile à l'horizon et que je me mets à trier, dans le gros sac se trouvant tout l'été à l'intérieur de mon sommier, tous les bonnets, écharpes et mitaines, je rage à l'intérieur!!!


Je me mets à penser aux nombreuses saisons hivernales de mon passé québécois, aux jeux enfantins dans la neige, au foulard durci par la buée gelée contre nos lèvres, à la transpiration sous la grosse tuque jaune orange à pompon... et surtout aux heures passées à s'habiller, se déshabiller, se sécher... Grrrrrrr!!!

Et j'y reviens toujours... à la même chanson, celle-là même que j'avais mise l'an dernier sur mon blog, à la même époque environ... en omettant d'y mettre les paroles...


Je me reprends cette année, comme je le ferai possiblement l'an prochain et le suivant parce que...





J'HAIS L'HIVER


Refrain

J'haïs l'hiver, maudit hiver
Les dents serrées, les mains gercées
Les batteries à terre
J'haïs l'hiver, maudit hiver
Chez nous l'hiver, c'comme le hockey
Y a des finales jusqu'au mois d'mai



- 1 -
L'été, c'est la saison gênée
On ne l'a ja-mais vue passer
Vacances mouillées, rivières polluées
Un jour on gèle, l'lendemain on crève
Les maringouins font jamais d'grève
Pis l'vent entonne l'hymne à l'automne
Pour me rapp'ler - hé hé hé hé - que...


J'haïs l'hiver...



- 2 -
L'automne, c'est beau, mais court à mort
Un beau deux s'maines multicolores
On monte dans l'nord voir le décor
Le temps d'faire Granby - Mont-Laurier
Les feuilles 'taient toutes tombées à terre
L'automne v'nait d'changer en hiver
Pour me rapp'ler - hé hé hé hé - que...


J'haïs l'hiver...



- 3 -
Enfin le printemps nous surprend
Les pieds dans' bouette, la tire au bec
Guéris ta grippe, change tes snow grips
Les verts bourgeons, l'isolation
Oui, mais l'printemps ne dure qu'un mois
Le temps d'dégeler l'été est là
Pour me rapp'ler - hé hé hé hé - que...



J'haïs l'hiver, maudit hiver
Les dents serrées, les mains gercées
Les batteries à terre
J'haïs l'hiver, maudit hiver
Chez nous l'hiver s'rait une horreur
Mais heureusement, oui : y'a Guy Lafleur!


Et j'ajouterais même... ce qui me rappelle avec bonheur ma folle jeunesse et nos subtiles chansons enfantines:

"Doux printemps
Quand reviendras-tu
Faire pousser les feuilles pour que j'me cache le cul!!!!"

Ben oui... c'est comme ça!!! Je déteste l'hiver!!! Mais lui... y s'en fout!!!

mardi 8 novembre 2011

Souvenir d'enfance... les méchants!!!

C'est un souvenir... un de ceux qui, au détour d'un sentier, d'une époque ou d'une enfance, s'accrochent à vos neurones et survivent à l'implacable destruction, par le cerveau, de tout ce qui a peu ou pas d'importance... les petits rien, que l'on oublie vite, les faits qui se répètent et vont rester comme une généralisation, une longue réminiscence qui a été, en réalité, répartie sur plusieurs mois; parfois même des années.

Les souvenirs restent parfois enfouis pendant des lustres et ont l'habitude de ressurgir en entendant parler d'un fait divers, en croisant un regard, une illustration... en humant une fragrance significative pour l'adolescent ou l'enfant que vous avez été...

Je devais avoir entre 6 et 8 ans... j'étais dans une grande ville et j'avais environ 10 mètres à faire pour rejoindre mes parents quand...

... mes pas me font croiser une voiture dans laquelle est assis un INCONNU!!!!! Derrière lui se trouve un bébé, une petite fille... et une jeune femme à côté, sans doute son épouse...

Par terre, juste à côté de la portière, gît une tétine (suce) vraisemblablement jetée là par le bébé et le père est sur le point d'ouvrir afin de ramasser l'objet réclamé à grands cris par son enfant... quand il m'aperçoit!!!

Moi, on m'a avertie de ne pas aller dans la voiture d'inconnus, on m'a expliqué les mille et une façons de kidnapper les enfants... je suis rodée!!!

Il me demande, gentiment, de prendre la suce et de la lui donner... et moi, dans ma petite tête d'enfant, je vois un sourire devenir rictus de méchant de bande dessinée, puis une grosse main velue s'emparer du petit bras secourable que je tends vers la tétine et m'entraîner à l'intérieur de la voiture, en compagnie du bébé braillant qui n'est peut-être pas le leur et qui ne pleure possiblement pas en raison d'une tétine disparue, mais parce qu'il a été enlevé lui aussi... même chose pour la fillette qui reste calme... mais ça ne veut rien dire...

Je les regarde, les yeux grands comme ça... et je ne sais pas quoi faire...

La femme dit: "Elle a peur!" et l'homme, après m'avoir redemandé deux fois, un grand sourire sur le visage, d'obtempérer... finit par comprendre qu'on n'est mieux servi que par soi-même et ouvre sa portière, récupère la tétine que, selon moi, il rejettera par la fenêtre pour attraper un autre enfant qui sera plus naïf que moi, et s'en va...

Je rejoins mes parents avec le sentiment d'avoir échappé à une catastrophe!!!

Aujourd'hui, ça me fait sourire... je me mets à la place de ces gens sans doute très bien intentionnés qui m'ont certainement trouvée exagérément craintive, mais je pense que l'on ne peut jamais trop mettre en garde nos enfants contre "les monsieurs méchants ou les madames méchantes qui se déguisent en monsieurs et madames gentils"!!


Dire que quelques années avant, je demandais à celui qui m'offrait des bonbons s'ils étaient empoisonnés avant de m'en empiffrer goulûment... 


On peut dire que j'ai appris ma leçon!!

lundi 19 septembre 2011

Chuuuut...

Aujourd'hui, je ne fais pas grand-chose...

J'attends...

J'attends, en me rongeant les ongles, la tête pleine de souvenirs, l'appel qui m'annoncera le décès d'un de mes proches.

Je commence une tâche, je tâtonne, je traîne... la tête ailleurs...

Il y a des mains que l'on aimerait tenir tout en chuchotant quelques mots d'amour et de réconfort à celui qui rêvait d'une retraite en pleine nature et qui n'a jamais pu en profiter.


Moi, de très, très loin, je pense à lui...

mercredi 3 août 2011

Dans l'espoir d'un renouveau

Nous pouvons tous, je crois, nous replonger dans nos rêves d'enfant, ou plutôt dans celui que nous faisions de notre avenir... Combien d'enfants, quel genre de famille, quel métier allions-nous faire; passionnant puisqu'il allait répondre à toutes nos envies, au respect que l'on nous assurait qu'il fallait avoir pour nous-mêmes, nos besoins et notre personnalité.

Petit à petit, à mesure que l'avenir virtuel devient réel, nous laissons tomber un peu ici et un peu là, des miettes de rêve virevoltent autour de nous, de plus en plus nombreuses puis le nuage se dépeuple et ce ne sont plus que quelques morceaux épars...

Après 13 années de vie, dont 9 avec moi en France, Olivier repart pour le Québec, temporairement mais longtemps, chez son papa... 

Ceci après des mois, des années d'indécison, d'incompréhension mutuelle, de questionnements médicaux, de demandes d'aide infructueuses dans le réseau régional, j'ai pris la décision que le meilleur endroit pour lui actuellement était au Québec.

C'est une étape difficile dont j'ai discuté avec quelques personnes, mais bien sûr quand on ne vit pas le quotidien au sein d'une famille, il est bien malaisé de comprendre ses dysfonctionnements. 


C'est donc avec colère et tristesse, angoisse et désespoir, un fort sentiment d'échec, de culpabilité et beaucoup, beaucoup d'espoir que je prépare son départ pour le 31 août, juste avant la rentrée.


Je vis un peu entre deux, dans l'attente et la crainte du jour fatidique, je me demande constamment s'il sera bien, s'il sera mieux, s'il sera pris en main...


Seul le temps pourra répondre à tout ça...

lundi 18 juillet 2011

Et le côté sombre...

S'expatrier, c'est partir, le coeur plein d'espoir, le regard tourné vers l'avant puisqu'un simple coup d'oeil en arrière risque de nous amener à remettre en question notre plongée vers un avenir choisi et incertain.

S'expatrier, c'est aussi s'ouvrir à des horizons nouvellement aperçus, s'engager dans une aventure folle, pleine de rebondissements!!!

Et c'est... aussi, malheureusement, vivre loin de ses proches, accepter de ne pas voir ses parents vieillir et de vivre un choc, à chaque rencontre, de voir que l'image que nous gardions en mémoire a pris 5 ans... ou 8 ans... ou 10 ans... 

Ou encore de recevoir de mauvaises nouvelles et de ne pouvoir que rester là, impuissant... que les choses suivront leur cours sans nous... et que notre absence ne changera rien du tout au déroulement des années... que tout continue malgré nous, plus vite ou avec simplement plus d'assurance que nous ne l'avions cru quand nous nous disions que bof... on allait faire avec!!!

Non, je ne regrette pas mon départ, ni ma vie actuelle...

... mais je ne m'attendais pas à ça... 

dimanche 26 juin 2011

Une belle St-Jean

C'est avec mon drapeau québécois flottant sur ma terrasse que j'ai fêté la St-Jean, hier, avec des amis!!!

Simplicité, convivialité, conversations, jeux et bonne humeur étaient au rendez-vous, sans compter l'orgie gastronomique que j'avais préparée, comme à mon habitude!!!!

Tarte aux bleuets (un peu ratée à cause du manque de fraîcheur de mes fruits pourtant achetés dans un endroit réputé sûr!), bagels, cretons, binnes, brioches à la cannelle et salade de fruits entre autres mets composaient ce repas!! Je m'étais lancée à coeur joie dans le Québec, motivée que j'étais par le fait que nous n'avions pas vraiment fêté la St-Jean depuis trois ans!!!!

Et le soir, à 23:00, nous sommes allés voir le feu... Et là!!!

C'était davantage une démonstration des pompiers en uniforme arrosant les arbres et les morceaux enflammés retombant sur la pelouse qu'un feu de la St-Jean!! C'était de toute beauté de voir ces hommes en uniforme gambader gaiement, lance à la main, arrosant de leur essence la nature menacée!!!!

Les enfants en sont restés bouche bée!!!!


Et moi... de toute façon j'ai jamais aimé le feu!!!!

vendredi 24 juin 2011

Bonne fête!!!!!

Et c'est par cette belle journée fraîche et ensoleillée de la St-Jean-Baptiste que je souhaite une bonne fête nationale à tous les québécois!!!!


Ah, ce que je ne donnerais pas aujourd'hui pour être parmi vous!!!!! 

jeudi 23 juin 2011

Juste ça!!!



C'est dans le fourbi recouvrant le lit d'Elana que Jack trouve son bonheur... et se repose pendant l'absence de ceux dont il a fait ses potes!!!


L'école se termine bientôt, nous sommes dans l'avant-dernière semaine... et ils sont épuisés, ces pauvres enfants!!!! Vivement les vacances, se disent-ils!!!!


Bon, enfin... ça fera du bien!!!


Pour le moment, j'en suis à popoter pour la St-Jean!!! Je n'oublierai jamais la fête nationale du Québec!! Et je la prépare!!


Après un énorme orage hier après-midi, durant lequel des trombes d'eau se sont déversées dans les rues de ma ville, semant la panique dans les rues et l'excitation dans mon salon, une journée fraîche et ensoleillée accompagne le chant de la tourterelle ayant élu domicile dans le toit de ma terrasse!!! 


On savoure!!!

mardi 14 juin 2011

Parce que des fois, la vie...

Comme j'aime, comme j'aime donc voir mon homme être motivé pour le boulot, rêver l'avenir en couleurs et faire des projets!!!

La société a eu tellement de difficultés l'an passé que nous craignions réellement de ne pas arriver à garder la tête hors de l'eau... et là... je le vois partir souriant, travailler beaucoup, et bien, être fier de ce qu'il accomplit et plein d'espoir!!!

Et moi... ça me permet de me relâcher aussi... de refaire une place au désir dans mon quotidien et de me remettre au boulot avec le sentiment que ça sert vraiment à quelque chose!!!


Non, nous ne partirons pas en vacances cette année, mais nous aurons de beaux moments, et nous ferons quelques sorties en attendant la probable arrivée de ma mère en septembre.


Si le départ de Claude-Anne a créé un vide en moi, si j'ai eu du mal à me remettre à me bouger au quotidien (plus facile de se replier sur soi et de faire la limace), je me sens aujourd'hui prête à y croire encore... et si ma fille arrivait un jour à venir habiter près de moi... ce serait le paradis!!!


Ce qui est bon avec les rêves, c'est qu'on peut leur faire dire tout ce qu'on veut!!!! 


En attendant, je prépare ma petite St-Jean avec quelques amis... et beaucoup de chez moi!!

mercredi 18 mai 2011

En attendant...

18 mai... 

Le printemps a du mal à s'assumer cette année... ou plutôt il a quelque chose de pressé et refuse de rester longtemps, laissant volontiers sa place à un été tant souhaité, ce qui n'est pas un désastre pour nous tant que la saison estivale n'est pas autant dans l'urgence que la précédente!!!

On peut dire que les températures de cette semaine sont de saison, avec même quelques jours de pluie, ce qui est un avantage pour les cultivateurs qui craignaient une sécheresse... 

Pourtant, hier soir, alors que nous marchions vers le lieu de la gymnastique de Nana, nous avons pu voir les hélicoptères des érables, encore verts mais déjà gros, nous rappelant que ce n'est pas pour toute la vie que les feuilles sont grandes et belles, qu'un jour elles se dessécheront et se laisseront tomber...

Si les matins ont une fraîcheur saisonnière, les après-midis nous amènent une douce chaleur nous permettant de quitter les vestes légères que nous avions enfilées plus tôt...

Les hirondelles et autres oiseaux sont déjà là, arrivés en trombe dans une Alsace qu'ils embellissent de leurs cris et roucoulements, de leur vol gracieux, leur symbolique de belle saison.

Je croule déjà sous les multiples fleurs des champs que les enfants me ramènent, les verres sont pleins de rose, de blanc et de jaune, les coquelicots foisonnent le long des routes, les yeux n'ont de cesse de savourer, de faire le plein de couleurs... 

... peut-être pour contrer le mauvais sort qui était le nôtre à la même période de l'an passé...

Une petite pensée pour Montréal pris sous des déluges de pluie... mais si pour mes parents, frère et soeur je peux compatir... Claude-Anne, elle, n'a qu'à se montrer patiente...

... en espérant que ce beau temps durera!!!!

mercredi 6 avril 2011

A vos marques...

Les racines, la terre...

En ce printemps plein de renouveau, par mes lectures, mes expériences diverses de cette année, je ressens un besoin impérieux de refaire un saut vers mon Québec, mon pays, ma patrie, ma vie...

Ce sentiment déstabilisant d'avor un vide au fond de soi, une impression de manque, de souffrance sans nom véritable, juste... de tendre les mains vers son histoire et de refermer les doigts sur... rien du tout...

Je vois mes enfants grandir sans tout ça, sans cette connaissance de moi dont ils ont besoin pour me comprendre et pour avoir envie, plus tard, de continuer à considérer le Québec comme un des berceaux de leur famille..

J'ai beaucoup réfléchi à notre voyage de 2007... que nous avions très mal prévu... Nous avions voulu faire trop en trois semaines et avons mal profité de ce qui me manquait vraiment.

J'ai envie de me reprendre... et pour ce faire, nous avons pris la décision que d'ici deux ans, si tout va bien, ou pas pire que maintement, nous y retournerons!!!

Et cette fois-ci, nous prendrons le temps de profiter des moments, tout doucement, sans brusquerie, sans à-coups... puisque nous savons, aujourd'hui, de quelle façon il faut prévoir une telle aventure...

Nous avons envie de louer un chalet dans lequel nous recevrions... puisque nous sommes 5, que nous faisons du bruit, que les enfants sont vivants... et que je voudrais tellement que ma grande vienne s'y réfugier avec son Michael à elle... Et que j'ai envie de voir quantité de gens... famille et autres...

Nous commençons patiemment à prendre des informations pour... l'été 2013?? Ou avant? Après?? 

Euh... je vous entends penser...

Vous êtes en train de vous dire que je m'y prends un peu d'avance... mais c'est ce qui m'aidera à patienter jusque là...

Donc... si vous avez des idées, infos, suggestions... et là, je m'adresse particulièrement aux québécois (es), écrivez-moi à daniellalsace@free.fr, que je commence à rêver... à économiser... 

Je suis folle???? Non!!!!!!

Je suis expatriée!!!! 

jeudi 31 mars 2011

La madame qui avait un accent

Il y a, depuis deux-trois semaines sur M6, une émission appelée X-Factor dans laquelle des chanteurs "en devenir" s'égosillent dans le but de séduire un jury composé de trois français et d'une québécoise...

Véronic Dicaire était parfaitement inconnue quand j'ai quitté le Québec et c'est vrai que j'avais hâte de la voir... mais la raison pour laquelle je regarde cette émission est que pour certaines choses je suis une quétaine invétérée!!! J'aime ça, parce que c'est léger, que mon cerveau prend une pause durant ce temps-là et que... ben je trouve ça divertissant!!!

M6 avait déjà son québécois en la personne de Gilbert Rozon dans "La France a un incroyable talent" (oui, je suis toujours quétaine), et franchement je trouve qu'il est loin au-dessus des autres!! Il est drôle, juste, sans fioritures!! Il dit ce qu'il pense et j'aime ça!!!

Elle... bon... elle ne dit pas grand-chose... Alors que les trois autres décortiquent et analysent, elle écoute, bouche ouverte et yeux trisos avant de dire: "Je vous aime" ou "Je ne vous aime pas"!!! On dirait la caricature de Céline Dion... Mais bon, je ne l'ai jamais vue en show, elle est peut-être extraordinaire, mais disons que je ne suis pas sous le charme!!!

Mais passons aux choses sérieuses!!! Et plus près de nous:

Alors que nous regardions religieusement X-Factor en attendant que les enfants les plus jeunes se mettent au lit, Elana dit:

- La madame elle a un accent comme maman!!!

Ca, c'est me prendre par les sentiments... parce que je suis heureuse quand mes enfants, surtout ceux qui n'ont pas vraiment connu le Québec, reconnaissent mon accent, même quand c'est pour en rire!!!

- Ah bon, Elana!!! tu trouves??
- Oui, un accent québécois...

Et le mot "québécois" dit avec concentration, lentement pour bien le prononcer... parce que ce n'est pas facile pour des petits alsaciens qui n'ont pas à vivre près de villes comme Coaticook ou Shawinigan!!!

Bon, remarquez que Krautergersheim ou Mittelhausbergen ne sont guère mieux... mais bon...

dimanche 15 novembre 2009

Tourtière porc et boeuf... enfin!!

Comme je suis dans ma période "Combattons la nostalgie en préparant de la bouffe traditionnelle mais juste pour Noël comme je suis au régime", je me suis dit que ce serait une super bonne idée de faire des bonnes tourtières bien de chez nous dans la journée de samedi, donc hier!!!

Pour ce faire, il fallait que je me déniche une super recette, ce qui est assez aisé sur le site de recettes du Québec.

Ensuite, il me fallait aller acheter de la viande à la boucherie... En tenant compte qu'il me fallait 500 g de boeuf haché et 500 g de porc haché pour préparer une tourtière, et que j'avais l'intention d'en faire une dizaine, je suis arrivée chez le boucher et ai demandé 5 kilos de boeuf haché et la même chose en porc...

Lorsque je fis ma demande à la dame se trouvant bien à sa place légitime derrière le comptoir, elle ouvrit des yeux immenses:

- Oulah, madame!!
- Vous n'avez pas en stock?
- Euh... Le boeuf c'est pas un problème...
- C'est le porc?

J'assistai ensuite à une scène pour le moins terrifiante. La dame, d'un certain âge, se retourna vers celui dont la fonction de mari se lisait sur le visage, saisit son immense couteau et dit:

- Raymond, excuse-moi...

Sur ce, elle entreprit de découper en rondelles cet homme qui avait, je suppose, partagé sa vie durant des années et lui avait fait le fils qui assistait, horrifié, à l'insertion de son géniteur dans le petit hachoir...

Reprenant mon souffle, les jambes flageolantes, je balbutiai:

- Mais... n'y avait-il aucune autre solution?
- Ah, madame... Les temps sont durs et puis bon... il n'était pas gai ces derniers jours...
- C'est que je ne sais pas si...
- Ah, vous pouvez me croire, il y a des moments où c'était un vrai porc!!!
- Mais je ne me vois pas cuisiner votre mari... même haché...
- Voulez-vous dire qu'après m'avoir contrainte à cette extrémité, vous allez me le laisser sur les bras? Tout ça n'aurait donc servi à rien?
- Ah... non, non, je vais le prendre...
- De plus je vous fais un prix puisqu'il n'était plus tout frais...

J'ai tout bien fait cuire...

... et...

... ça sent bon... peut-être un peu la transpiration...

vendredi 16 octobre 2009

La grosse déprime

Les arbres se dénudent, les trottoirs se couvrent de feuilles séchées, l'air devient de plus en plus froid et la pluie glaciale...

Les supermarchés, à l'encontre de la nature, prennent peu à peu des couleurs annonçant déjà, trois mois à l'avance, le temps des fêtes...

Et comme à chaque année, pour moi, c'est le pire moment... Les rassemblements familiaux se préparent, on fêtera avec les oncles et les tantes que l'on n'a pas vus depuis le dernier Noël et ça a peut-être son côté kitsch, et on se sent peut-être obligé d'y aller... mais moi qui ne peux plus être de la partie, moi qui ne participerai plus jamais à un repas des fêtes avec les goûts, les odeurs et les gens de mes souvenirs d'une autre époque... ça crée un grand vide à l'intérieur.

Pour tenter de compenser un peu tout ça, je cuisinerai encore des tourtières et des petits fours de chez nous, je reprendrai une partie des kilos que je suis en train de perdre, et ensuite la vie continuera...

Les odeurs se dégageant de mes petits plats m'enchanteront, et je fermerai les yeux afin de me concentrer sur ce qu'elles me rappellent... Mes paupières fermées feront office d'écrans sur lesquels je verrai se projeter une autre vie qui n'est plus la mienne.

Et à quoi ça sert de se faire du mal avec des saveurs qui n'ont rien d'autre que du goût, avec des odeurs qui ne viendront pas donner à une soirée une dimension familiale différente? A quoi ça sert de penser que ma mère aurait adoré rire avec Nana et cajoler Mimi, que mon père aurait aimé discuter avec Olivier? Ca me donne quoi de me bercer dans mes souvenirs?

Je ne sais pas... vraiment...

Cette année, je pense que ce sera particulièrement difficile... parce qu'il y a moins de contacts, moins de voyages ou de surprises... Ou alors c'est un cap... les 7 ans, comme pour un couple...

Toujours est-il que je monte facilement sur mes grands chevaux, je suis de mauvaise humeur, sur la défensive... et surtout triste...

Mais pourquoi... ça... c'est la question difficile...

samedi 12 septembre 2009

L'armoire qui faisait tourner le miel

Ma grand-mère maternelle s'appelait Lauréa.

Elle était belle... gentille, elle sentait bon et elle cuisinait la meilleure soupe du monde... que j'ai tant voulu refaire sans jamais y parvenir parce qu'il manque toujours quelque chose... un ingrédient secret, une marque essentielle, un détail insignifiant, je ne sais pas... mais il faut croire que ce mystère est parti avec elle... A chacune de nos visites, nous nous faisions assaillir de sucre à la crème et de pouding au tapioca que nous avalions goulûment pendant que ma mère faisait les gros yeux à la sienne...

Comme nous habitions à 8 heures de route en voiture de chez elle, nous y dormions lors de nos visites et le matin, invariablement, elle me faisait des toasts beurrées sur lesquelles elle mettait du "miel à grand-maman". C'était un miel tout ce qu'il y a de plus ordinaire mais que mes parents n'achetaient pas, un miel crémeux dans un pot en plastique avec une abeille dessinée dessus... Mais ce qui était le plus spécial était qu'elle le sortait d'une armoire d'angle qui, quand elle l'ouvrait, révélait une étagère tournante à laquelle je portais un immense intérêt... en admiration devant son contenu défilant... bon, somme toute assez banal!!!!

Le hasard a voulu que tous ces petits détails restent bien enfouis en moi lorsque mon enfance et mon aïeule se furent envolées... et au moment où nous avons visité l'appartement dans lequel nous habitons aujourd'hui, je me suis amusée à inspecter le mobilier de cuisine et suis tombée sur une armoire qui, sans être identique à celle de mon enfance, tourne de la même façon... un peu moins solide, par contre!

Je ne m'extasie pas devant la rotation de mes plats de plastique, mais lorsque je l'ai vue, tout m'est revenu d'un coup... L'armoire, les toasts, grand-maman et sa voix, et son sourire... et le miel...

Et c'est comme un grand frisson qui me traverse, réminiscence émouvante d'une époque révolue, images de ceux qui n'existent plus que dans les souvenirs des personnes qui les ont connus...

Je pense qu'une bonne fois, juste une fois, je vais m'acheter un petit pot de miel crémeux que je mettrai dans mon armoire... et je ferai à mes enfants des toasts à grand-maman Lauréa... et ils n'y comprendront rien, mais j'aimerais bien qu'ils le retiennent et qu'un jour, ça fasse "tilt", que ça les accroche à leurs racines...

mercredi 15 avril 2009

A la découverte des mystères de monsieur St-Eve

La première fois que j'ai entendu parler de monsieur St-Eve, il était déjà vieux... et lorsque j'entrai chez lui par effraction, il était décédé depuis déjà plusieurs mois.

Les légendes ayant toujours un fond de vérité, je pense qu'il devait être parano, un peu cinglé, peut-être, et surtout asocial; vieil ermite vivant dans la peur de l'autre, ou alors dans la haine... je ne sais pas...

Petite, mes oncles, au chalet, m'avaient indiqué cette maisonnette plutôt austère isolée mais apparente depuis la rive du lac... émergeant d'un amas de conifères. On racontait qu'il accueillait à la carabine les téméraires qui osaient s'aventurer sur son territoire, qu'il avait fait construire des murs d'un mètre d'épaisseur dans le but de se protéger d'une guerre, qu'il conservait des tanks dans son garage, qu'un passage secret creusé plusieurs décennies auparavant reliait sa cave aux bois, permettant une évasion discrète au cas où des soldats ennemis attaqueraient en pleine nuit!!! En fait, on ne précisait pas que les envahisseurs se présenteraient de nuit, mais c'est toujours ce qui fait le plus peur et j'aimais bien alimenter mes terreurs de détails horrifiants.

Durant mon enfance, cette maison représentait pour moi un monstre endormi... tant que je ne m'approchais pas, je n'avais pas à avoir peur. Par contre, l'adolescence arrivant...

Monsieur St-Eve me revint à l'esprit un jour que, devant une maison à Amos, en Abitibi, je vis une ambulance dans laquelle des infirmiers faisaient entrer une civière portant un corps recouvert d'une couverture de laquelle n'émergeait aucune partie... Je compris immédiatement qu'il s'agissait d'un cadavre et je cherchai bientôt à y poser un nom, histoire d'apprivoiser, je pense, une situation qui m'avait bien impressionnée. Je ne tardai pas à faire le lien entre ce corps sans vie et le vieil ours dont le nom seul m'intimidait.

J'avais 15 ans et j'étais allée dormir près du chalet de mes oncles avec mon copain de l'époque, son ami, et deux copines très proches.

Après avoir descendu quelques bières, nous sommes devenus capables de bien des exploits et c'est avec beaucoup de "courage" que nous sommes montés à l'assaut de la forteresse maintenant vidée de son principal occupant, tapie là depuis les temps immémoriaux de l'enfance de mes parents... qui me paraissait, oui, fort, fort lointaine! :)

Malheureusement, aucun moyen facile de pénétrer ce bunker... comme nous aurions dû le penser plus tôt, mais aidés par l'alcool, la présence des autres que nous voulions impressionner et les histoires fascinantes que nous avions entendues, nous avons fini par accepter la proposition de l'une d'entre nous de se glisser par une fenêtre afin de nous faire entrer... par la porte... ce qui fut fait, non sans un léger bris de verre.

J'avoue avoir eu énormément d'admiration pour cette personne plus mince, plus contorsionniste que moi... parce que jamais, au grand jamais je n'aurais osé entrer seule dans cette maison qui pour moi était peuplée de spectres et d'horribles souvenirs...

Pourtant, tout nous sembla normal... c'en était presque décevant!!!! Si décevant que nous nous mîmes à ouvrir armoires et placards, à la recherche de trésors cachés, et même le frisson à la pensée que je pouvais tomber sur les restes torturés d'un être humain contribuait à cette morbide excitation exacerbée par une douce terreur.

Nos trouvailles furent bien maigrichonnes... Quelques cierges dont deux noirs qui nous permirent maintes allégations de messes sataniques, un calendrier ouvert à une date depuis longtemps révolue dont nous tentions de décrypter la symbolique, de vieux journeaux, d'antiques magazines vantant les mérites du corset ou des talons hauts...

Après avoir vainement tenté de faire venir l'esprit de monsieur St-Eve dans une mauvaise imitation de séances médiumniques de cinéma, nous avons tiré autant que nous le pouvions sur l'anneau d'une trappe posée sur le sol de la cuisine et qui nous apparut, à notre grande stupeur, verrouillée de l'intérieur puisque nous n'arrivions à trouver aucun système accessible d'où nous étions. La preuve était faite, selon nous, de la véracité de l'existence du fameux passage secret... notre excitation décuplait!!!

Arrivés au garage fermé par un lourd cadenas rouillé résistant à nos assauts réduits au minimum, l'une de nous émit l'hypothèse que nous n'avions pas besoin de passer par la porte... Après l'avoir regardée comme si elle était la dernière des connes, l'un des garçons sembla soudain comprendre et nous nous attaquâmes tous aux parois de tôle métallique qui cédèrent facilement à notre charge. Croyant découvrir quelque spectaculaire machine de guerre, nous dûmes nous rendre à l'évidence devant le banal tracteur qui nous regardait bêtement...

Après avoir rassemblé notre maigre butin, nous repartîmes vers nos tentes, laissant dans l'état nos preuves de "vaillance".

Au lendemain, tout comme l'assassin revient toujours sur les lieux de son crime, nous sommes retournés pour voir... si quelqu'un était venu... et je pense surtout pour nous convaincre nous-mêmes de la réalité de ce que nous avions fait...

En voyant le mur du garage réparé, la fenêtre pas remplacée mais scotchée... nous avons eu tellement peur, conscients que nous étions d'être passés à quelques cheveux, quelques petits poils... de nous faire prendre...

Et pourquoi avions-nous fait ça? Pour affronter une partie des démons de notre enfance, pour montrer aux autres de notre âge que nous étions capables d'aller jusqu'au bout... et surtout, je pense, parce que nous nous étions approprié une partie de la légende entourant cet homme, et que nous avions réellement cru que notre intrusion en était légitimée. Nous n'avions pas fait de vandalisme - nous considérions la fenêtre et le garage comme... du nécessaire -, rien n'avait été cassé, altéré, et les vols n'avaient consisté qu'en bougies et vieux magazines...

Par contre, nous avions vécu une aventure... comme nos héros dans des films ou dans ces livres que nous dévorions... nous en étions quasiment arrivés à croire réellement que nous allions découvrir quelque chose d'épouvantable!!!

Nous savions, également, que nous n'étions pas les premiers à nous introduire dans cette maison... la voie avait été ouverte depuis bien longtemps...

Monsieur St-Eve, qui jouait pour nous le rôle de la sorcière du village ou du vampire ou de l'ogre... je ne sais pas du tout ce que vous étiez réellement, ni à quoi vous ressembliez sans couverture sur le visage... mais on peut dire que vous nous avez bien fait rêver!

mardi 7 avril 2009

La complexité des origines

Un pas après l'autre, petites chaussures brunes se suivent et volent au-dessus des trottoirs sur lesquels vivent des colonies de gendarmes occupés à assurer la satisfaction de leurs pulsions instinctives.

Chaussures déjà sales après seulement quelques semaines d'existence sautent et courent, foulant les craquelures sombres laissant passer quelques pousses de mauvaises herbes à l'allure de jolies fleurs printanières.

Pieds menus d'enfants gambadent avec insouciance... puis s'arrêtent, se posent... près d'un poteau de lampadaire sur lequel est apposé un bout de dessin coloré bleu, blanc, rouge...

Petites lèvres roses prononcent alors des mots qui touchent, des mots vivants dont la signification prend de l'importance selon les expériences...

- Fran-çais... Hein, maman??? C'est écrit français!!!
- Ca veut dire ça, oui, mais c'est pas écrit avec des lettres, c'est un dessin!
- Ah...
- ...
- Nous on est des français, hein, maman?
- Oui!! parce qu'on parle français!
- Oui, mais on est français!!!
- Oui, c'est vrai!
- Mais toi, t'es pas français!!! T'es pétéquoise! Hein, maman?

Bras d'adulte se tendent vers l'enfant pour l'attirer contre une poitrine sur lequel il s'écrase sans comprendre pourquoi de si banales paroles provoquent une telle réaction...

- Oui, tu as raison, ma chérie... mais on dit "québécoise".
- C'est parce que j'arrive pas trop à le dire, mais je le sais!!!

Petit je-sais-tout y va alors de sa version à lui, différente sans être mieux.

- Non, c'est pas comme ça, Nana!!! On dit "fréséquoise"!

De pétéquoise en fréséquoise, en passant par péquécoise, pour finir par en arriver à la bonne prononciation, les origines se mêlent... formant un tableau lointain, presque éthéré, sur lequel apparaissent toutes floues des lettres qui pourtant me précèdent partout où je vais et dont le sens me définit au plus profond de mon être...

- Maman, péquéquoise, ça commence par un P?
- Non, par un Q...
- Oooooh!!!! Un gros mot!!!!

Mais ça... quiconque me connaît... ne peut être surpris...