mardi 15 avril 2008

Insomnie

Vouloir dormir... appeler le sommeil de tout son être... et rester éveillé...

Se concentrer sur des idées banales, compter les moutons, se remémorer des noms, des faits, des lieux afin d'oublier la source de ce stress oppressant...

Chercher une position permettant d'ignorer cette pression sur la nuque, ce poids au creux de l'estomac, ces pensées angoissantes qui martèlent l'intérieur de la tête depuis le moment de relâchement précédant généralement l'abandon au monde des rêves...

Entendre son homme bouger, respirer comme soi-même... savoir qu'il ne dort pas non plus mais éviter les discussions par crainte de retarder encore ce moment où tout bascule dans l'inconscience...

Se dire que le dernier café était de trop, qu'il est peut-être coupable de cette insomnie infernale imagée de visions d'avenir horrifiantes...

Est-ce la caféine? Ou le fait de prendre des risques pour l'avenir à l'aube de la quarantaine après seulement quelques années de tranquillité? La crainte de ne pas être à la hauteur?

Ce matin, j'ai envoyé bouler le fitness...

J'ai déjà hâte à ce soir...

samedi 12 avril 2008

Quand c'est fini, c'est fini!!!

C'est du moins ce qu'on aime bien se dire à la fin d'une relation... en tous cas, pour ma part!!!

Cependant, quand il y a des enfants en jeu, ce n'est pas aussi facile qu'en ce qui concerne les amours d'adolescents.

Mon premier homme, celui avec qui je me suis mise en couple à l'âge tendre de 18 ans, a vécu avec moi pendant 6 ans. Nous avons eu une fille et malheureusement pour nous, nos personnalités étaient à l'opposé l'une de l'autre et nous n'étions pas faits, mais pas du tout, pour former un couple uni...

Très affectée, j'aurais bien voulu couper les ponts; et j'ai limité nos rencontres aux seules obligations parentales.

Je m'entendais pourtant plutôt bien avec sa maman, mais par besoin de distance avec le souvenir, j'ai préféré m'éloigner de tout!

Elle, par contre, a continué à me téléphoner pour mon anniversaire, pour la fête des mères... à vouloir garder un contact auquel je ne tenais pas... même s'il me faisait plaisir qu'elle fasse tous ces efforts qu'à aucun moment je ne lui ai rendus.

Lorsque je suis partie, les fragiles passerelles qui nous reliaient encore ont fini par se rompre et ce n'est qu'après quelques années que les inquiétudes que nous avions face aux difficultés d'adolescente de Claude-Anne ont fait en sorte que nous recommencions à nous parler.

Elle est devenue une de mes plus fidèles lectrices, et ce depuis le début de ce blog. Quand elle a su que nous allions passer trois semaines au Québec, l'été passé, elle a tenu à nous convier à sa table... et j'ai accepté avec enthousiasme parce que j'en étais venue à davantage de discernement et souhaitais me réconcilier avec cette partie de mon passé. J'estimais également que ce serait une bonne chose pour Claude-Anne que de pouvoir assister à une réunion de ses deux familles dans la paix et la bonne humeur.

J'ai été touchée par la délicatesse de cette femme. Elle avait sorti tout ce que je pouvais reconnaître... Une nappe, une cloche à fromage que nous lui avions offertes et que j'avais choisies... Des petites attentions, une photo de moi dont je ne me rappelais plus...

Le côté posé et rationnel de celui qui était mon beau-père m'irritait terriblement; j'y voyais maintenant une fragilité, une caractéristique beaucoup plus charmante que par le passé. La tante de Claude-Anne, que je n'avais pas revue depuis neuf ou dix ans, m'aurait même donné envie, si j'étais restée plus longtemps, d'aller manger un soir en tête à tête... je l'aimais bien, cette femme!

Ce retour dans le passé était plus que déroutant, et pourtant c'était comme un rêve!!! Vivre tout ça entourée d'Alex et des enfants était très, très positif! Et la rencontre que je craignais un peu entre mon homme d'aujourd'hui et celui d'alors fut très agréable. Ils ont sympathisé... avec beaucoup de respect.

Alex a gardé de ce jour la découverte du "labné", un fromage blanc libanais que je me suis toujours promis de faire... et que je n'ai pas encore fait, mais je n'abandonne pas; d'autant plus que ça semble très facile!

Je garde de beaux souvenirs de cet après-midi, et je souhaite fortement leur rendre la pareille, un jour, s'ils repassent par ici!

Je te suis reconnaissante, Claire, parce que si tu n'avais pas persisté à garder un contact avec moi, j'ai l'impression que j'aurais manqué quelque chose de bien!

Claude-Anne a maintenant 18 printemps...

... il y a certaines haches de guerre que l'on se doit d'enterrer...

vendredi 11 avril 2008

Dinosaures handicapés

- Maman, maman, dit le petit dinosaure animé par Nana!!! Donne-moi un bisou!!!

Jérémie, qui tient la figurine tenant lieu de maman dinosaure, la regarde attentivement... puis, de sa voix la plus caverneuse, répond:

- Je peux pas!!! J'ai la bouche ouverte!

mercredi 9 avril 2008

Agression et discussion!

- Mamaaaan!!! Mimi m'a dit "méchante"!!

- Jérémie!!! Pourquoi tu dis que Nana est méchante???

- Elle m'a lancé une voiture dans le visage!!

- Ah ben ça, c'est pas très gentil, Nana!!!

- Mais j'ai caressé, alors c'est pas grave!!

- Si, c'est grave!!!

- Non, c'est pas grave!!!

- Siiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!

- Noooooooooooonnn!!!!

- SIIIIIIIIIIIIIIIIIII!!!

- NOOOOOOOOOOONNN!!!

Et ainsi de suite!!!

- C'est grave, hein, maman, de lancer une voiture dans le visage?

- Oui, c'est grave!!!

- Tu vois, Nana?

- Mais c'est un peu moins grave quand on fait une caresse!

- Tu vois, Mimi?

S'immerger dans le brouillard humide et froid que l'on aperçoit derrière les vitres des fenêtres... et oublier ces interminables discussions, un instant...

Si une voiture me percute et que le conducteur, après s'en être extirpé, vient tendrement me caresser la joue, est-ce que la gravité de l'accident sera atténuée???

dimanche 6 avril 2008

Les costauds, c'est nous!!

Vendredi, nous avions un rendez-vous... Alex n'est donc allé travailler que l'après-midi, et il a choisi ce moment pour devenir fou, se prendre pour une divinité et tenter une autocrucifixion qui a pris fin à la suite d'un unique clou maladroitement enfoncé dans le talon et retiré avec force douleurs...

A son arrivée, c'est une chaussette ensanglantée qu'il a retirée, grimaçant et geignant...

- Tu l'as dit?

- A mon collègue...

- Mais c'est un accident de travail, il faut que tu le signales!

- C'est pas grave!

Comme Alex est un mâle possédant une force virile à toute épreuve, ce n'est pas un petit clou de rien du tout qui le mènera au médecin!! Ah non! Il restera fort et droit, mourra du tétanos s'il le faut mais en vaillant soldat!!! A quoi sert-il de vivre si c'est pour passer son temps à pleurnicher comme une femmelette???

Mon Hercule de mari se met au lit le soir, ses vêtements de travail prêts pour le lendemain matin...

... mais au moment de prouver sa grande puissance en mettant le pied sur le sol afin de se lever...

... il renonce!

Et c'est un tout petit homme qui appelle son patron pour lui dire qu'il ne viendra pas travailler...
Aujourd'hui, il va un peu mieux... mais c'est moi qui me suis entamé un doigt... il me manque un morceau du majeur de la main droite! Je ne comprends pas ce qui a pu m'arriver!!!

Mais si!!! Il manque un bout de mon doigt! Si on regarde très attentivement, on le voit bien!!!

Mais ce n'est pas grave, je m'en sortirai!!

Moi aussi, je suis une force de la nature! C'est une affaire de couple, ça!

jeudi 3 avril 2008

Une grande frayeur!!

Les enfants sont en pyjama, les dents brossées, la couche en place ainsi que les lits prêts; nous les avons laissés libres quelques minutes et à 20 heures passées, il est temps de border les deux plus jeunes!!!

Jérémie est avec moi, et Alex va chercher Nana dans sa chambre...

- Danielle!!! Elle n'est pas là!

Pas là??

- Nanaaaa??

Pas de réponse...

Croyant à une de ces fameuses soirées de jeu de cache-cache, nous passons d'une pièce à l'autre; mais en vain!!! Elle est introuvable!!

Nous l'appelons... de plus en plus fort, montrant par la détermination perçant dans nos voix que la récréation est terminée et qu'il faut passer aux choses sérieuses... notamment au coucher!

Nous n'obtenons aucune réponse; pas la moindre réaction!

Je commence alors à m'inquiéter... et Alex également car il choisit ce moment pour demander:

- T'as vérifié les fenêtres?

C'est la peur au ventre que nous faisons tous les deux le tour, suivis par les deux garçons commençant à réaliser qu'on ne joue plus...

Je m'imagine ma toute petite, l'intrépide, celle qui n'a presque jamais peur... ouvrir une fenêtre, s'y pencher un peu trop et lâcher prise, emportée par son propre poids et sa curiosité...

Après avoir constaté que tout est bien fermé, sur le point de se regarder puis de s'avouer que nous ne savons vraiment plus où se trouve notre fille...

... une voix se fait entendre:

- Je l'ai trouvée!

C'est Olivier!!

Olivier qui ne s'est pas laissé abuser par le minuscule tas formé par la couette de Nana sur son lit et qui, à première vue, était loin d'être suffisamment grand pour la dissimuler à nos regards attentifs...

Olivier qui, soulevant cette douce masse moelleuse, a découvert le petit corps immobile, tout chaud, tout rouge... d'une fillette profondément endormie en attendant que l'on vienne lui souhaiter une bonne nuit...

S'il est vrai que nos petits nous irritent parfois... et même souvent... c'est le monde entier qui bascule lorsque nous ne les trouvons plus...

mardi 1 avril 2008

Colère et réconciliation

Mimi à l'école l'après-midi, je reste seule avec Nana qui n'y va encore que le matin... et après une grosse colère, de longs pleurs déchirants et un emprisonnement visant à ramener le calme dans les émotions d'une petite fille survoltée, ladite enfant vient vers moi... toute douceur et désireuse de ramener l'affection et la paix dans notre relation mère-fille.

Je l'entends arriver, hoquetant encore des sanglots qui la secouaient encore il y a quelques minutes... puis je me retourne et avise ce petit visage rouge et humide, tout chiffonné par les vestiges de ces grands bouleversements émotifs...

- Maman...

- Oui, Nana?

- Maman... je veux pas d'une autre maman...

Elle se tient près de moi, n'osant me tendre les bras; attendant de voir si je suis encore fâchée...

- Ah non? Alors tu veux quelle maman?

- Je veux celui-là, dit-elle en me pointant du doigt, de grosses larmes roulant sur ses joues!

Je l'assure alors que même si parfois nous sommes en colère, je resterai toujours sa maman! Je savoure ce moment de tendresse, ces petites mains sur mon visage, caressantes et chaudes...

Ah Nana...

Tes colères horribles pour la moindre frustration nous feront rire quand tu seras grande!!!

Aujourd'hui, c'était parce que je n'avais pas voulu qu'elle se serve seule un verre de jus sous le prétexte futile que le pot était plein!