mercredi 21 septembre 2011

Le deuil

Mon père décédé, je me suis préparée à vivre ce deuil, mon premier grand, loin de ma fratrie, de ma famille... J'ai cru que nous allions nous soutenir les uns les autres, par téléphone et par courriel, que je participerais, ne serait-ce qu'en partie, au partage de la souffrance et des souvenirs, des discussions, décisions... J'ai cru que je ferais partie de ce rassemblement familial...

Mais ce que je vis n'est pas simplement différent... C'est complètement à l'opposé de ce que j'espérais... En dehors d'un appel de ma grande fille, je n'ai rien reçu... Pas un appel, pas un courriel de réconfort, rien des miens, de ceux avec qui je partageais mon père...

Je me suis résignée aujourd'hui à vivre seule ce moment, glanant sur Facebook le soutien de quelques amis, attendant sans trop y croire des nouvelles de ceux qui se sont réunis pour vivre ensemble ce que je vis seule auprès d'une famille que j'adore mais qui n'est pas celle de mon père...

Des voisins viennent m'offrir leurs sympathies, Alex me serre dans ses bras... et moi j'ai des images de mon père plein la tête et des blessures ouvertes en plein cœur...

lundi 19 septembre 2011

Comme un silence...

C'est ce soir, à 68 ans, après des années de douleurs dont personne ne connaissait réellement l'origine, que mon père a cessé de lutter; et c'est entouré de ses enfants et de la moitié de ses petits-enfants qu'il s'est éteint, tout doucement... pendant que sa famille lui faisait ses adieux et que ma grande fille, merci à elle, après avoir déposé une photo de nous près de lui, lui a dit que je l'aimais... comme je le lui avais demandé.

Repose en paix, cher papa... 

Je suis heureuse que tu ne souffres plus... et triste de ne pas avoir été près de toi et avec la famille pour vivre cette épreuve.

Chuuuut...

Aujourd'hui, je ne fais pas grand-chose...

J'attends...

J'attends, en me rongeant les ongles, la tête pleine de souvenirs, l'appel qui m'annoncera le décès d'un de mes proches.

Je commence une tâche, je tâtonne, je traîne... la tête ailleurs...

Il y a des mains que l'on aimerait tenir tout en chuchotant quelques mots d'amour et de réconfort à celui qui rêvait d'une retraite en pleine nature et qui n'a jamais pu en profiter.


Moi, de très, très loin, je pense à lui...

samedi 17 septembre 2011

La crise

Cette semaine, nous avons visionné, grâce à la présence de ma mère, des vidéos datant de l'année 2005.

Bien sûr, la vue de mes petiots rampant ou gambadant sur des jambes incertaines m'arrachaient des larmes d'émotion alors que je contemplais les grands qu'ils étaient devenus... 

... mais la grande présence d'esprit d'Alex ayant pensé à filmer l'une des innombrables crises de Nana m'a fait me réjouir d'être enfin sortie de cette période...

... et a, à ma grande joie vengeresse, fait honte à ma grande fille de 7 ans assistant à cette débauche de hurlements, de coups, de larmes et de transpiration!!!

Jérémie, lui, a toujours été le petit garçon calme et chaud, un petit nounours... et c'est avec un plaisir inavouable qu'il s'est mis à me rappeler, devant la crapaude, les déferlements hystériques de cette dernière!!!!

Si bien qu'Elana m'a demandé de cesser d'en parler... parce que ça lui donne envie de pleurer...

Alors...

- Elana, si tu ne ramasses pas tes affaires, je te raconte les crises de quand tu étais petite!!!
- Ca me dérange pas!!!! Tu peux les raconter...
- Mais...
- ...
- Tu me disais que ça te donnait envie de pleurer!!!
- Oui, c'est vrai, mais comme j'aime bien pleurer, ça me dérange pas...

Et voilà!!!! C'est ça les enfants!!!!! 

vendredi 16 septembre 2011

Les petites filles, ça pense beaucoup!!!!

Tu sais, maman, les chats ne sont pas vraiment comme nous... parce que eux, déjà, ils ne parlent pas... et puis ils se lèchent les fesses pour se laver et pas nous... et quand ils ronronnent, nous on ne ronronne pas... et ils seront plus petits que nous même quand ils seront adultes et quand ils aiment bien ils ronronnent et pas nous mais nous des fois quand on aime bien on ferme les yeux mais eux des fois ils ronronnent et ils ferment les yeux aussi mais c'est pas vraiment comme nous... et puis Jack, à deux ans je pense qu'il sera adulte et pas nous... tu vois... c'est pour ça qu'ils sont pas comme nous... vraiment...

jeudi 15 septembre 2011

Un fabuleux voyage

Drôle de temps, drôle de vie...

J'ai attendu ma mère comme on attend, je pense, toujours la sienne... avec de grands espoirs, de l'impatience, une envie de se retrouver enfant dans les bras d'une maman au lieu d'être celle sur qui on compte... et quelques appréhensions, aussi... allait-il y avoir des tensions? Allais-je contrôler mes humeurs lorsqu'elle se mêlerait un peu trop de mes affaires???? Allais-je devoir la consoler alors que j'aurais justement besoin de tout l'amour de mes proches lorsque je verrais mon fils partir au loin vers une amélioration incertaine?


Quand elle est arrivée, j'étais si heureuse de la voir que j'ai oublié toutes ces questions et j'ai non seulement retrouvé la mère que j'ai eue depuis la naissance, mais encore une femme positive, à qui la vie n'a donné que trop parcimonieusement, et qui pourtant se tient debout, souriante et saine, et je me suis abandonnée...


Je l'ai regardée papillonner, riante et placotante, pleine d'idées pour mon appartement; des idées folles, des idées colorées et rigolotes devenant, une fois concrétisées par des doigts fragiles, de véritables oeuvres d'art...


Nous avons restauré de vieilles choses poussiéreuses et ternes avec une motivation que nous n'avions plus eue depuis des années, nous avons travaillé, chez nous, prenant quelques jours de vacances que nous n'avions pu nous octroyer durant l'été mais qui nous paraissaient non seulement utiles mais enchantés!!!!

De repas en histoires, de jeux avec les enfants en apéros familiaux, de sorties au soleil de septembre en discussions passionnantes, le temps a filé entre nos doigts... et s'est échappé malgré nous, malgré notre envie qu'elle reste encore avec nous...juste un peu... un mois de plus?


Elle est partie hier, en début d'après-midi... Je l'ai vue devenir toute petite dans la file partant vers la douane... puis je me suis effondrée dans les bras d'un Alex qui n'en menait pas large non plus... et c'est avec des tas de sanglots dans la gorge que nous avons passé le reste de la journée à errer, sans vie, de pièce en pièce, parmi toutes ces traces d'elle qui resteront et que nous continuerons à transformer, puisqu'elle n'est pas partie sans nous donner ses recommandations...

Nous nous sommes traînés toute la soirée, ayant du mal, l'un comme l'autre, à croire à son départ... transis par la crainte qu'elle n'arrive plus à revenir nous construire, dans deux ans, quelques semaines de conte de fées.

Et en attendant, nous penserons bien fort à elle... et nous l'attendrons, en positivant, en évitant les écueils et en regardant vers l'avant, nous portant l'un l'autre comme nous avons toujours fait... 


... vers un autre merveilleux voyage à l'intérieur de notre propre vie...

jeudi 1 septembre 2011

Un petit moment de solitude

Hier, à 14:38, à l'aéroport de Bâle-Mulhouse, l'avion d'Olivier a décollé afin de l'amener vers le Québec, son papa, sa grande soeur et ses grand-parents...

Il semblait un peu nerveux, stressé comme quand on prend l'avion seul pour la première fois, regardant autour de lui, m'envoyant un peu la main... tout ça au beau milieu de son excitation pour la nouveauté, la hâte de découvrir son école, de revoir son monde, son quartier... et pourquoi pas sa première vraie poutine depuis longtemps???

Et moi... je me suis sentie vide... vide... J'ai regardé mon fils s'engouffrer dans les couloirs de douane, puis vers les portes d'embarquement... et je me suis rendue compte que j'avais oublié de m'apporter des mouchoirs et que j'en aurais eu bien besoin...

Une femme, sans doute exaspérée par mes larmes mâtinées de morve tapissant de plus en plus le sol autour de moi, m'a tendu obligeamment un kleenex que j'ai saisi en la remerciant silencieusement, d'un reniflement, d'un sanglot, d'une bulle nasale (non, c'est pas vrai!)...


J'ai eu bien besoin d'un mari... et justement, par un heureux hasard, il y en avait un juste à côté de moi... et par un hasard encore plus complaisant, il se trouve que c'était le mien...


Je me suis donc laissée aller à renifler dans son cou, puis nous sommes rentrés...


Par la suite, je me suis retrouvée à osciller entre le soulagement que ce soit derrière moi et la peine de savoir que c'était pour plusieurs, plusieurs mois...


Ce matin, j'avais un courriel de sa part, me disant qu'il était bien arrivé et avait été voir son école, son quartier, et que tout était bien. 


Ca m'a mis un petit baume sur le coeur... j'espère que tout rentrera dans l'ordre et qu'il vivra une belle année.


Merci aux diverses personnes qui m'ont envoyé des messages, ou des textos, ou des commentaires de soutien... Ca m'a beaucoup aidée, sincèrement!!