Voilà, c'est officiel!!!
Le premier août, après 5 années passées à manquer d'eau chaude deux fois par année, nous quitterons enfin notre logement de crotte!!!!
Nous resplendissons de joie et de bonheur, nous avons envie de faire des folies, de nous teindre en blond platine, de nous vernir les ongles de rose fluo, de courir avec des semelles compensées jusqu'à nous en faire péter les chevilles... nous sommes joyeux, quoi!!!!!
C'est le moment de faire du tri dans nos bébelles amassées, de réviser l'importance de toutes ces petites choses qu'il fallait absolument garder il y a quelques temps...
Tous ces objets traînant au fond de pots que je n'ouvre jamais ont réussi à démontrer leur absence d'importance durant ces années et certains d'entre eux se verront reléguer dans des cartons marqués "souvenirs" qui resteront dans la cave et ressortiront lors de nos crises de nostalgie...
C'est le moment, surtout... de faire des boîtes!!!!
Et là, je n'ai pas mon emballeuse, préférée, mon Eveline à moi qui par le passé s'occupait de l'organisation stratégiquement efficace de l'intérieur de ces boîtes en carton qui devenaient des exemples de gain de place, qui n'avaient plus un millimètre entre les objets qu'elles contenaient pour contenir un insecte ou même une minuscule poussière, serait-ce un atome d'oxygène ou de coton...
Je foutrai tout pêle-mêle dans des cartons, je ne me rappellerai plus dans quelle boîte j'ai mis tel objet et nous passerons des heures à chercher l'ouvre-bouteille le soir de notre arrivée, en pleurant de fatigue, perdus que nous serons en regardant nos meubles en morceaux, quand tout sera à faire, les étagères à installer, les cadres à poser, les enfants à placer...
- Tiens Alex... si on mettait Olivier assis sur son lit avec un livre, et Jérémie tranquillement installé avec ses légos... et Nana, euh... Nana en train de regarder par la fenêtre... Là, comme ça!!!!
- Oui, c'est joli!!!
- On aurait toujours dû les placer ainsi!! Pas de course, pas de cris... comme c'est agréable!!
Et qui fera partie des chanceux qui viendront nous donner un coup de main??? Qui nous fera respirer avec bonheur la sueur qu'il ou elle nous offrira en échange de notre reconnaissance éternelle, d'une pizza et de quelques bières fraîches?
Ou alors qui aura l'insigne honneur de nous faire des dons importants afin de nous permettre d'engager des déménageurs et de rester là, les orteils en éventail, à les regarder s'escrimer à transporter un frigo sans bouger le petit doigt?
Eh bien... maintenant que c'est décidé... il me tarde d'y être...
mardi 28 avril 2009
dimanche 26 avril 2009
C'est moi le chef!!
Je vous annonce aujourd'hui en grande primeur que je serai bientôt, le premier mai plus précisément, la secrétaire en chef de l'entreprise d'Alex...
- Danielle, tu voudrais bien me corriger ce texte?
- Alex, regarde donc cette belle journée et dis-moi quelle date nous sommes...
- Le 26 avril?
- Eh oui... je n'ai donc pas encore commencé à travailler!!! Tu n'as qu'à laisser ton texte sur l'ordinateur et vendredi, je le corrigerai...
- On peut dire alors que tu es en formation...
- Formation payée combien?
- Formation pas payée?
- Tsss tsss!! Non, non!!! Déjà il faudrait que tu m'achètes du vernis à ongles!!!
- Hein??? Pourquoi faire?
- Parce que je suis secrétaire!!! Et as-tu déjà vu une secrétaire avec des ongles comme moi?? Non, non!! Il me faut de longs ongles rouges bien taillés!!! Et une lime, s'il-te-plaît!
- Mais je ne t'ai jamais vue te limer les ongles!!!
- Non, je les rongeais... mais je n'étais pas secrétaire! Et les clients, quand ils me verront...
- Mais les clients ne te verront pas!!!
- Ah non?
- Mais non!! Jamais personne ne te verra!! Tu seras dans l'ombre, un simple numéro...
- Aaaah...
- T'as même pas besoin d'être présentable!! Tout ce que tu auras à faire c'est de taper des factures et de les envoyer, de faire un peu de classement...
- Et si mes ongles sont trop longs et que je n'arrive plus à taper? Ou que je les prends dans les feuilles en les classant?
- Danielle, tes ongles, on s'en fout!!!
- Mais je serai secrétaire en chef, Alex!! Il faut que je sois à la hauteur d'une telle charge!!!
- Tu seras la seule secrétaire...
- Mais tu m'avais dit "en chef"!!!
- Pour te faire plaisir!!!!
- Alors je serai le chef de qui?
- De personne!!! Tu agiras de ton propre chef!! Voilà!!!
- Bon...
- Tu vois? C'est pas si épouvantable!!
- Oui bon... tu voulais pas que je te corrige une lettre?
- Danielle, tu voudrais bien me corriger ce texte?
- Alex, regarde donc cette belle journée et dis-moi quelle date nous sommes...
- Le 26 avril?
- Eh oui... je n'ai donc pas encore commencé à travailler!!! Tu n'as qu'à laisser ton texte sur l'ordinateur et vendredi, je le corrigerai...
- On peut dire alors que tu es en formation...
- Formation payée combien?
- Formation pas payée?
- Tsss tsss!! Non, non!!! Déjà il faudrait que tu m'achètes du vernis à ongles!!!
- Hein??? Pourquoi faire?
- Parce que je suis secrétaire!!! Et as-tu déjà vu une secrétaire avec des ongles comme moi?? Non, non!! Il me faut de longs ongles rouges bien taillés!!! Et une lime, s'il-te-plaît!
- Mais je ne t'ai jamais vue te limer les ongles!!!
- Non, je les rongeais... mais je n'étais pas secrétaire! Et les clients, quand ils me verront...
- Mais les clients ne te verront pas!!!
- Ah non?
- Mais non!! Jamais personne ne te verra!! Tu seras dans l'ombre, un simple numéro...
- Aaaah...
- T'as même pas besoin d'être présentable!! Tout ce que tu auras à faire c'est de taper des factures et de les envoyer, de faire un peu de classement...
- Et si mes ongles sont trop longs et que je n'arrive plus à taper? Ou que je les prends dans les feuilles en les classant?
- Danielle, tes ongles, on s'en fout!!!
- Mais je serai secrétaire en chef, Alex!! Il faut que je sois à la hauteur d'une telle charge!!!
- Tu seras la seule secrétaire...
- Mais tu m'avais dit "en chef"!!!
- Pour te faire plaisir!!!!
- Alors je serai le chef de qui?
- De personne!!! Tu agiras de ton propre chef!! Voilà!!!
- Bon...
- Tu vois? C'est pas si épouvantable!!
- Oui bon... tu voulais pas que je te corrige une lettre?
mercredi 22 avril 2009
Jeux de mots, jeux du midi!
Les heures de repas sont des moments de paix - généralement - ainsi que l'occasion de discuter et/ou de jouer!!!
Nous jouons à deviner des personnages, à inventer des devinettes, au marché avec son petit panier, à nommer des animaux chacun son tour; bref nous avons bien du plaisir!!!
Les petits commencent à comprendre le principe et il est de plus en plus agréable de les faire participer!!
Nana: J'ai un personnage!!!!
Olivier: C'est un homme?
Nana: Oui!!
Mimi: C'est un enfant?
Nana: Non!
Moi: C'est un adulte?
Nana: Oui!
Mimi: C'est euh... Emilie?
Nana: Ouiiiii!!! Bravo Jérémie!!!
Oui, il y a encore quelques ratés...
Ou encore:
Moi: Qu'est-ce qui est orange, qu'on peut râper et faire de la salade avec?
Nana: Une pomme!!!
Moi: Ah bon... c'est orange, une pomme?
Nana: Non...
Mimi: Des carottes!!
Moi: Bravo, Mimi!!! A Nana maintenant!!
Nana: Qu'est-ce qui pousse?
Moi: Oui, mais...
Mimi: Une plante!!!
Nana: Non!!
Moi: Mais il faut que t'en dises un peu plus!!!!
Mimi: Une fleur!!!
Nana: Oui!!!!
Et moi... complètement à part, n'ai plus qu'à la fermer...
Eh oui, il y a encore bien du chemin à parcourir, mais j'aime beaucoup ces jeux qui leur affinent l'esprit, la mémoire, la curiosité, la fierté!! Faire des associations, analyser, déduire... ce n'est pas facile pour des petits, mais quand un midi on voit que le déclic s'est produit... ça fait vraiment très plaisir!!!
Nous jouons à deviner des personnages, à inventer des devinettes, au marché avec son petit panier, à nommer des animaux chacun son tour; bref nous avons bien du plaisir!!!
Les petits commencent à comprendre le principe et il est de plus en plus agréable de les faire participer!!
Nana: J'ai un personnage!!!!
Olivier: C'est un homme?
Nana: Oui!!
Mimi: C'est un enfant?
Nana: Non!
Moi: C'est un adulte?
Nana: Oui!
Mimi: C'est euh... Emilie?
Nana: Ouiiiii!!! Bravo Jérémie!!!
Oui, il y a encore quelques ratés...
Ou encore:
Moi: Qu'est-ce qui est orange, qu'on peut râper et faire de la salade avec?
Nana: Une pomme!!!
Moi: Ah bon... c'est orange, une pomme?
Nana: Non...
Mimi: Des carottes!!
Moi: Bravo, Mimi!!! A Nana maintenant!!
Nana: Qu'est-ce qui pousse?
Moi: Oui, mais...
Mimi: Une plante!!!
Nana: Non!!
Moi: Mais il faut que t'en dises un peu plus!!!!
Mimi: Une fleur!!!
Nana: Oui!!!!
Et moi... complètement à part, n'ai plus qu'à la fermer...
Eh oui, il y a encore bien du chemin à parcourir, mais j'aime beaucoup ces jeux qui leur affinent l'esprit, la mémoire, la curiosité, la fierté!! Faire des associations, analyser, déduire... ce n'est pas facile pour des petits, mais quand un midi on voit que le déclic s'est produit... ça fait vraiment très plaisir!!!
lundi 20 avril 2009
Les orteils sur la crête entre le gouffre et la montagne...
La crise nous a touchés...
... indirectement pour le moment, mais assez pour nous mettre devant un choix à faire...
... un choix important aux conséquences incertaines...
J'ai peur... et je suis pleine d'excitation...
Ce matin nous devons cesser les tergiversations, les hésitations... nous allons encore une fois au beau milieu des possibles, debout sur la concrétisation d'une incertitude... nous parlerons... et déciderons!!!
Et après... plus de recul!!! Le grand saut vers l'inconnu ou la stagnation dans l'illusion de la sécurité...
Et... si on se trompe... il faudra assumer?
Ah non... j'ai pas envie...
Ok, d'abord... mais juste cette fois, hein??? Marre d'assumer...
... indirectement pour le moment, mais assez pour nous mettre devant un choix à faire...
... un choix important aux conséquences incertaines...
J'ai peur... et je suis pleine d'excitation...
Ce matin nous devons cesser les tergiversations, les hésitations... nous allons encore une fois au beau milieu des possibles, debout sur la concrétisation d'une incertitude... nous parlerons... et déciderons!!!
Et après... plus de recul!!! Le grand saut vers l'inconnu ou la stagnation dans l'illusion de la sécurité...
Et... si on se trompe... il faudra assumer?
Ah non... j'ai pas envie...
Ok, d'abord... mais juste cette fois, hein??? Marre d'assumer...
samedi 18 avril 2009
Bibliothèque, livres et richesse
Hier nous avons acheté notre première bibliothèque et avons commencé à l'assembler.
Ce matin, nous avons terminé les finitions, l'avons fixée au mur et nous l'avons...
... remplie du contenu de placards, bacs sous les lits, étagères croulant sous un amas de volumes...
Comment vous dire...
Moi, ça m'a apporté une grande paix intérieure... je suis heureuse de les voir là, mes livres, exposés comme ils le méritent, étalant leurs richesses, leurs histoires et leurs poésies dans un écrin digne d'eux et de ce qu'ils racontent.
Je peux enfin laisser courir mes doigts sur les couvertures, et avoir une petite pensée pour chacun puisqu'à leur façon ils me rappellent tous une intrigue, une époque, un pays, des gens...
... et parfois un détail, au détour d'une page ou d'un chapitre, qui m'a marquée par son atrocité, ou sa beauté, ou sa grande sagesse... parfois par une simple coïncidence avec mes expériences, ou par la mélancolie qu'il m'inspirait.
Dire qu'ils dépérissaient au fond des placards...
Un livre est cent fois plus qu'un objet... et une bibliothèque est un monde à elle seule... précieuse et pleine de richesse!
Ce matin, nous avons terminé les finitions, l'avons fixée au mur et nous l'avons...
... remplie du contenu de placards, bacs sous les lits, étagères croulant sous un amas de volumes...
Comment vous dire...
Moi, ça m'a apporté une grande paix intérieure... je suis heureuse de les voir là, mes livres, exposés comme ils le méritent, étalant leurs richesses, leurs histoires et leurs poésies dans un écrin digne d'eux et de ce qu'ils racontent.
Je peux enfin laisser courir mes doigts sur les couvertures, et avoir une petite pensée pour chacun puisqu'à leur façon ils me rappellent tous une intrigue, une époque, un pays, des gens...
... et parfois un détail, au détour d'une page ou d'un chapitre, qui m'a marquée par son atrocité, ou sa beauté, ou sa grande sagesse... parfois par une simple coïncidence avec mes expériences, ou par la mélancolie qu'il m'inspirait.
Dire qu'ils dépérissaient au fond des placards...
Un livre est cent fois plus qu'un objet... et une bibliothèque est un monde à elle seule... précieuse et pleine de richesse!
mercredi 15 avril 2009
A la découverte des mystères de monsieur St-Eve
La première fois que j'ai entendu parler de monsieur St-Eve, il était déjà vieux... et lorsque j'entrai chez lui par effraction, il était décédé depuis déjà plusieurs mois.
Les légendes ayant toujours un fond de vérité, je pense qu'il devait être parano, un peu cinglé, peut-être, et surtout asocial; vieil ermite vivant dans la peur de l'autre, ou alors dans la haine... je ne sais pas...
Petite, mes oncles, au chalet, m'avaient indiqué cette maisonnette plutôt austère isolée mais apparente depuis la rive du lac... émergeant d'un amas de conifères. On racontait qu'il accueillait à la carabine les téméraires qui osaient s'aventurer sur son territoire, qu'il avait fait construire des murs d'un mètre d'épaisseur dans le but de se protéger d'une guerre, qu'il conservait des tanks dans son garage, qu'un passage secret creusé plusieurs décennies auparavant reliait sa cave aux bois, permettant une évasion discrète au cas où des soldats ennemis attaqueraient en pleine nuit!!! En fait, on ne précisait pas que les envahisseurs se présenteraient de nuit, mais c'est toujours ce qui fait le plus peur et j'aimais bien alimenter mes terreurs de détails horrifiants.
Durant mon enfance, cette maison représentait pour moi un monstre endormi... tant que je ne m'approchais pas, je n'avais pas à avoir peur. Par contre, l'adolescence arrivant...
Monsieur St-Eve me revint à l'esprit un jour que, devant une maison à Amos, en Abitibi, je vis une ambulance dans laquelle des infirmiers faisaient entrer une civière portant un corps recouvert d'une couverture de laquelle n'émergeait aucune partie... Je compris immédiatement qu'il s'agissait d'un cadavre et je cherchai bientôt à y poser un nom, histoire d'apprivoiser, je pense, une situation qui m'avait bien impressionnée. Je ne tardai pas à faire le lien entre ce corps sans vie et le vieil ours dont le nom seul m'intimidait.
J'avais 15 ans et j'étais allée dormir près du chalet de mes oncles avec mon copain de l'époque, son ami, et deux copines très proches.
Après avoir descendu quelques bières, nous sommes devenus capables de bien des exploits et c'est avec beaucoup de "courage" que nous sommes montés à l'assaut de la forteresse maintenant vidée de son principal occupant, tapie là depuis les temps immémoriaux de l'enfance de mes parents... qui me paraissait, oui, fort, fort lointaine! :)
Malheureusement, aucun moyen facile de pénétrer ce bunker... comme nous aurions dû le penser plus tôt, mais aidés par l'alcool, la présence des autres que nous voulions impressionner et les histoires fascinantes que nous avions entendues, nous avons fini par accepter la proposition de l'une d'entre nous de se glisser par une fenêtre afin de nous faire entrer... par la porte... ce qui fut fait, non sans un léger bris de verre.
J'avoue avoir eu énormément d'admiration pour cette personne plus mince, plus contorsionniste que moi... parce que jamais, au grand jamais je n'aurais osé entrer seule dans cette maison qui pour moi était peuplée de spectres et d'horribles souvenirs...
Pourtant, tout nous sembla normal... c'en était presque décevant!!!! Si décevant que nous nous mîmes à ouvrir armoires et placards, à la recherche de trésors cachés, et même le frisson à la pensée que je pouvais tomber sur les restes torturés d'un être humain contribuait à cette morbide excitation exacerbée par une douce terreur.
Nos trouvailles furent bien maigrichonnes... Quelques cierges dont deux noirs qui nous permirent maintes allégations de messes sataniques, un calendrier ouvert à une date depuis longtemps révolue dont nous tentions de décrypter la symbolique, de vieux journeaux, d'antiques magazines vantant les mérites du corset ou des talons hauts...
Après avoir vainement tenté de faire venir l'esprit de monsieur St-Eve dans une mauvaise imitation de séances médiumniques de cinéma, nous avons tiré autant que nous le pouvions sur l'anneau d'une trappe posée sur le sol de la cuisine et qui nous apparut, à notre grande stupeur, verrouillée de l'intérieur puisque nous n'arrivions à trouver aucun système accessible d'où nous étions. La preuve était faite, selon nous, de la véracité de l'existence du fameux passage secret... notre excitation décuplait!!!
Arrivés au garage fermé par un lourd cadenas rouillé résistant à nos assauts réduits au minimum, l'une de nous émit l'hypothèse que nous n'avions pas besoin de passer par la porte... Après l'avoir regardée comme si elle était la dernière des connes, l'un des garçons sembla soudain comprendre et nous nous attaquâmes tous aux parois de tôle métallique qui cédèrent facilement à notre charge. Croyant découvrir quelque spectaculaire machine de guerre, nous dûmes nous rendre à l'évidence devant le banal tracteur qui nous regardait bêtement...
Après avoir rassemblé notre maigre butin, nous repartîmes vers nos tentes, laissant dans l'état nos preuves de "vaillance".
Au lendemain, tout comme l'assassin revient toujours sur les lieux de son crime, nous sommes retournés pour voir... si quelqu'un était venu... et je pense surtout pour nous convaincre nous-mêmes de la réalité de ce que nous avions fait...
En voyant le mur du garage réparé, la fenêtre pas remplacée mais scotchée... nous avons eu tellement peur, conscients que nous étions d'être passés à quelques cheveux, quelques petits poils... de nous faire prendre...
Et pourquoi avions-nous fait ça? Pour affronter une partie des démons de notre enfance, pour montrer aux autres de notre âge que nous étions capables d'aller jusqu'au bout... et surtout, je pense, parce que nous nous étions approprié une partie de la légende entourant cet homme, et que nous avions réellement cru que notre intrusion en était légitimée. Nous n'avions pas fait de vandalisme - nous considérions la fenêtre et le garage comme... du nécessaire -, rien n'avait été cassé, altéré, et les vols n'avaient consisté qu'en bougies et vieux magazines...
Par contre, nous avions vécu une aventure... comme nos héros dans des films ou dans ces livres que nous dévorions... nous en étions quasiment arrivés à croire réellement que nous allions découvrir quelque chose d'épouvantable!!!
Nous savions, également, que nous n'étions pas les premiers à nous introduire dans cette maison... la voie avait été ouverte depuis bien longtemps...
Monsieur St-Eve, qui jouait pour nous le rôle de la sorcière du village ou du vampire ou de l'ogre... je ne sais pas du tout ce que vous étiez réellement, ni à quoi vous ressembliez sans couverture sur le visage... mais on peut dire que vous nous avez bien fait rêver!
Les légendes ayant toujours un fond de vérité, je pense qu'il devait être parano, un peu cinglé, peut-être, et surtout asocial; vieil ermite vivant dans la peur de l'autre, ou alors dans la haine... je ne sais pas...
Petite, mes oncles, au chalet, m'avaient indiqué cette maisonnette plutôt austère isolée mais apparente depuis la rive du lac... émergeant d'un amas de conifères. On racontait qu'il accueillait à la carabine les téméraires qui osaient s'aventurer sur son territoire, qu'il avait fait construire des murs d'un mètre d'épaisseur dans le but de se protéger d'une guerre, qu'il conservait des tanks dans son garage, qu'un passage secret creusé plusieurs décennies auparavant reliait sa cave aux bois, permettant une évasion discrète au cas où des soldats ennemis attaqueraient en pleine nuit!!! En fait, on ne précisait pas que les envahisseurs se présenteraient de nuit, mais c'est toujours ce qui fait le plus peur et j'aimais bien alimenter mes terreurs de détails horrifiants.
Durant mon enfance, cette maison représentait pour moi un monstre endormi... tant que je ne m'approchais pas, je n'avais pas à avoir peur. Par contre, l'adolescence arrivant...
Monsieur St-Eve me revint à l'esprit un jour que, devant une maison à Amos, en Abitibi, je vis une ambulance dans laquelle des infirmiers faisaient entrer une civière portant un corps recouvert d'une couverture de laquelle n'émergeait aucune partie... Je compris immédiatement qu'il s'agissait d'un cadavre et je cherchai bientôt à y poser un nom, histoire d'apprivoiser, je pense, une situation qui m'avait bien impressionnée. Je ne tardai pas à faire le lien entre ce corps sans vie et le vieil ours dont le nom seul m'intimidait.
J'avais 15 ans et j'étais allée dormir près du chalet de mes oncles avec mon copain de l'époque, son ami, et deux copines très proches.
Après avoir descendu quelques bières, nous sommes devenus capables de bien des exploits et c'est avec beaucoup de "courage" que nous sommes montés à l'assaut de la forteresse maintenant vidée de son principal occupant, tapie là depuis les temps immémoriaux de l'enfance de mes parents... qui me paraissait, oui, fort, fort lointaine! :)
Malheureusement, aucun moyen facile de pénétrer ce bunker... comme nous aurions dû le penser plus tôt, mais aidés par l'alcool, la présence des autres que nous voulions impressionner et les histoires fascinantes que nous avions entendues, nous avons fini par accepter la proposition de l'une d'entre nous de se glisser par une fenêtre afin de nous faire entrer... par la porte... ce qui fut fait, non sans un léger bris de verre.
J'avoue avoir eu énormément d'admiration pour cette personne plus mince, plus contorsionniste que moi... parce que jamais, au grand jamais je n'aurais osé entrer seule dans cette maison qui pour moi était peuplée de spectres et d'horribles souvenirs...
Pourtant, tout nous sembla normal... c'en était presque décevant!!!! Si décevant que nous nous mîmes à ouvrir armoires et placards, à la recherche de trésors cachés, et même le frisson à la pensée que je pouvais tomber sur les restes torturés d'un être humain contribuait à cette morbide excitation exacerbée par une douce terreur.
Nos trouvailles furent bien maigrichonnes... Quelques cierges dont deux noirs qui nous permirent maintes allégations de messes sataniques, un calendrier ouvert à une date depuis longtemps révolue dont nous tentions de décrypter la symbolique, de vieux journeaux, d'antiques magazines vantant les mérites du corset ou des talons hauts...
Après avoir vainement tenté de faire venir l'esprit de monsieur St-Eve dans une mauvaise imitation de séances médiumniques de cinéma, nous avons tiré autant que nous le pouvions sur l'anneau d'une trappe posée sur le sol de la cuisine et qui nous apparut, à notre grande stupeur, verrouillée de l'intérieur puisque nous n'arrivions à trouver aucun système accessible d'où nous étions. La preuve était faite, selon nous, de la véracité de l'existence du fameux passage secret... notre excitation décuplait!!!
Arrivés au garage fermé par un lourd cadenas rouillé résistant à nos assauts réduits au minimum, l'une de nous émit l'hypothèse que nous n'avions pas besoin de passer par la porte... Après l'avoir regardée comme si elle était la dernière des connes, l'un des garçons sembla soudain comprendre et nous nous attaquâmes tous aux parois de tôle métallique qui cédèrent facilement à notre charge. Croyant découvrir quelque spectaculaire machine de guerre, nous dûmes nous rendre à l'évidence devant le banal tracteur qui nous regardait bêtement...
Après avoir rassemblé notre maigre butin, nous repartîmes vers nos tentes, laissant dans l'état nos preuves de "vaillance".
Au lendemain, tout comme l'assassin revient toujours sur les lieux de son crime, nous sommes retournés pour voir... si quelqu'un était venu... et je pense surtout pour nous convaincre nous-mêmes de la réalité de ce que nous avions fait...
En voyant le mur du garage réparé, la fenêtre pas remplacée mais scotchée... nous avons eu tellement peur, conscients que nous étions d'être passés à quelques cheveux, quelques petits poils... de nous faire prendre...
Et pourquoi avions-nous fait ça? Pour affronter une partie des démons de notre enfance, pour montrer aux autres de notre âge que nous étions capables d'aller jusqu'au bout... et surtout, je pense, parce que nous nous étions approprié une partie de la légende entourant cet homme, et que nous avions réellement cru que notre intrusion en était légitimée. Nous n'avions pas fait de vandalisme - nous considérions la fenêtre et le garage comme... du nécessaire -, rien n'avait été cassé, altéré, et les vols n'avaient consisté qu'en bougies et vieux magazines...
Par contre, nous avions vécu une aventure... comme nos héros dans des films ou dans ces livres que nous dévorions... nous en étions quasiment arrivés à croire réellement que nous allions découvrir quelque chose d'épouvantable!!!
Nous savions, également, que nous n'étions pas les premiers à nous introduire dans cette maison... la voie avait été ouverte depuis bien longtemps...
Monsieur St-Eve, qui jouait pour nous le rôle de la sorcière du village ou du vampire ou de l'ogre... je ne sais pas du tout ce que vous étiez réellement, ni à quoi vous ressembliez sans couverture sur le visage... mais on peut dire que vous nous avez bien fait rêver!
lundi 13 avril 2009
Des rats et des hommes!
- Qu'est-ce que c'est sur la photo, maman?
- C'est un petit rat, Jérémie! Un raton!
- Et plus tard, ça va devenir un enfant?
- Mais non, ça va devenir un rat!
- Mais t'as dit qu'on était des animaux!
- Oui, une sorte d'animal! Parce qu'on respire, qu'on grandit, qu'on mange et qu'on fait des bébés comme les autres animaux!
- D'accord, mais moi, quel animal j'étais?
- C'est un petit rat, Jérémie! Un raton!
- Et plus tard, ça va devenir un enfant?
- Mais non, ça va devenir un rat!
- Mais t'as dit qu'on était des animaux!
- Oui, une sorte d'animal! Parce qu'on respire, qu'on grandit, qu'on mange et qu'on fait des bébés comme les autres animaux!
- D'accord, mais moi, quel animal j'étais?
Inscription à :
Articles (Atom)