mercredi 30 avril 2008

Mon bobo est pire que le tien

Jérémie et Elana sont en train de s'exhiber mutuellement leurs plaies, croûtes, égratignures et cicatrices.

Nana est en tête de la compétition puisqu'elle a une blessure fraîche sur le coude et l'avant-bras; vestige d'une chute récente d'il y a quelques jours.

- Tu vois, Mimi, ça, c'est un gros bobo rouge!
- Ah oui! Et moi aussi j'ai un bobo là!
- Oui! Et regarde! Mon bobo il est en train de guérir!
- Moi, mon bobo, il est en train de pas guérir! Hein, maman, c'est vrai qu'il est en train de pas guérir, mon bobo?
- Mais non, Jérémie! Il est presque guéri, il ne reste qu'un petit point!
- Ah! Mais ici, Nana, j'ai un gros bobo!
- Non, Mimi, ça c'est des saletés!
- Ah... mais c'est des saletés déguisées en bobos. Et là... j'ai... Maman??? Ici, c'est un bobo ou un bouton?
- C'est un grain de beauté!

C'est étourdissant, non? Toutes ces souffrances pour deux pauvres petits enfants...

A se demander s'ils ont des parents...

Pffffff!!!

mardi 29 avril 2008

Lettre à toutes celles qui ont choisi

Toi, ma belle...

Ma toute petite qui a choisi de garder un enfant que tu avais dans le ventre parce que tu y croyais, à cette société, à la famille, à ce que toi, tu voulais faire de ta vie et de ton avenir que tu voyais encore tout rose...

Tu as appris bien vite qu'il y a, dans le monde, ceux qui, dès l'aube de l'adolescence, savent déjà ce qu'ils veulent faire de leur avenir et foncent toujours dans la même direction, sans jamais relever la tête, sans cesse écartant de leur trajectoire tous les obstacles à la réussite de leur projet. Ces gens-là, souvent, sont ceux qui "réussissent"... parce qu'ils ont quitté l'enfance plus tôt que toi... parce qu'ils ont compris, eux, que l'on doit faire des choix cruciaux pour son avenir à des âges où une grande partie des jeunes sont encore trop enfants pour bien en voir toutes les conséquences.

Toi, tu es restée naïve longtemps... A vingt ans, tu imaginais encore un monde tout en dentelles qui te permettrait de réaliser ton rêve de petite fille... Tu faisais partie des autres; de ceux qui ne sont pas encore prêts à prendre les décisions encadrant leur futur.

Et lorsque tu as commencé à réaliser que la vie ne serait nullement comme ce que tu croyais et que les choix que tu avais faits étaient centrés sur un objectif que tu n'atteindrais jamais, tu en as parlé autour de toi... Tu as pleuré, puisque tu devais faire le deuil de cette vie de conte de fées... Tu t'es endurcie, tu n'y croyais plus, et tu t'es rendue compte à ce moment que tu ne pouvais plus revoir les options! Il fallait que tu continues de l'avant avec le handicap que "trop tard" arrive très vite aujourd'hui!

Durant cette prise de conscience, certaines personnes t'ont culpabilisée, te disant que tu avais fait des choix que tu devais assumer et que si eux avaient fait les mêmes que toi, ils assumeraient... Ils t'ont dit qu'eux n'auraient jamais fait ces choix. Ils t'ont dit qu'eux ne se laisseraient pas abattre comme tu le fais. Ils t'ont dit qu'eux ne se laisseraient pas prendre du poids comme tu le fais parce que tu ne comprends plus ce monde qui te fait peur et que tu te laisses aller, porter par des forces que tu ne cherches plus à combattre... On t'a prédit un avenir marginal, à l'extérieur de la population active... à l'extérieur du monde qui bouge... tu as accepté, tu t'es résignée mais tu enrages... Tu as honte de ta candeur, honte de toi.

Si tu es chanceuse, tu as rencontré des gens qui t'ont écoutée, et t'ont aidée à faire le deuil de ces idéaux... Ils t'ont encouragée peut-être à ne pas baisser les bras, à voir que tu étais jeune encore!

Moi, je te dirai simplement que la vie est souvent injuste. Les décisions que tu as prises trop jeunes sont à assumer parce que tu n'as pas le choix; parce que personne ne peut le faire à ta place. Mais tu n'as pas à écouter tous ceux qui te disent que tu as choisi ta vie... sous-entendant par là que tu es une ratée... alors que tu voulais plein de belles et bonnes choses pour toi et tes enfants, pour ton homme, ta famille et l'amour que tu avais pour le monde.

Je veux surtout te dire de continuer à croire... que viendra un jour un moment où tout cela n'aura plus la même importance.

J'ai souvent entendu dire que la vie débutait à 40 ans... Je n'y ai pas cru, comme tous les jeunes, puisqu'on croit souvent, lorsque l'on en fait partie, que la vie, c'est la jeunesse...

Mais aujourd'hui, je comprends... Aujourd'hui, je peux constater que mes rêves n'ont jamais été ridicules... que je me sens beaucoup mieux dans mon corps et dans ma tête qu'à vingt ou même trente ans.

Je me sens plus jeune parce que je me laisse enfin aller à être moi-même... je suis en paix avec mes envies, la réalité parfois cruelle, et mon entourage, l'environnement que j'ai apprivoisé comme mes faiblesses ainsi que celles de ceux que j'aime et qui n'en sont que plus humains.

Toi, ma belle, ma toute petite... toi qui, pleine d'espoir, a fait des choix d'un autre temps, dis-toi que ce n'est pas toi la coupable, mais bien ceux, souvent, qui ne prennent pas assez le temps de t'apprendre la réalité... et qui après se complaisent à te mettre le nez dans ce que tu as fait par amour.

lundi 28 avril 2008

XBox??? Une console de ploucs!!

Nous avons reçu, en prêt à long terme, une console Xbox usagée! Nous en sommes très heureux, et hier soir, nous avions décidé de nous montrer mutuellement de quoi nous étions capables!!!

Alex avait une bonne expérience en tant que célibataire sans enfants jusqu'au début de la trentaine, et moi j'avais de bonnes références sur Mario Kart il y a environ 8 ans, et ma réputation de redoutable joueuse de Mario Bros dans les années 80 - je n'avais jamais dépassé le sixième niveau - l'avait fortement impressionné!!!

Hier soir, nous avions donc la ferme intention de passer la soirée à jouer! Nous faisons couler un café, couchons les enfants, installons le lit, les manettes, le jeu... Nous sommes des pros, nous sentons dans nos veines couler la fièvre de la compétition!!!

Les quelques cassettes offertes avec la console étalées devant nous, nous hésitons... entre le gros méchant qui détruit tout sur son passage, la bonne femme super forte qui fonce partout et tue la moitié de ceux qu'elle rencontre, une course de voitures, une de moto, et des sports d'hiver...

Pacifiques de nature, nous optons pour le dernier jeu et ça commence!!!

Le bobsleigh!!! Ca doit être facile, non? Eh bien non!!! Moi, j'ai beau avoir le sentiment d'aller super vite et de battre tous les records, le commentateur ne cesse de proférer des mises en garde et des prédictions funestes.

Trop difficile! Nous changeons! Le bobsleigh, c'est platte!!!

Le ski!! On y va... bof!!! On fait deux-trois pas, puis notre joueur se met à ralentir, épuisé après une minute de cadence soutenue!!! Et le commentateur de nous insulter copieusement encore une fois!!!

Non, mais quel jeu de merde!!!!

Changeons!! La course automobile!! Ca, j'ai connu, j'y ai même eu quelques victoires dans ma lointaine jeunesse!!

Mais qu'est-ce que c'est que cette voiture qui ne reste jamais sur la route plus de 3 secondes à la fois??? Vivent les lignes droites!! Ce sont les seules que je peux suivre sans foncer dans un mur!

C'est bien dommage!! Nous qui sommes si talentueux! La Xbox, ça ne vaut pas grand-chose, finalement!! Une réputation surfaite!!

C'est décidé! Ce soir, on continuera notre casse-tête en buvant de la tisane... eh oh!!! Quand même! On boira du café...

dimanche 27 avril 2008

Le Nideck à Oberhaslach

C'est dans la vallée de la Bruche que nous vous emmenons aujourd'hui, en ce beau dimanche ensoleillé!

Quelques sentiers à l'ombre des arbres nous procurent une agréable fraîcheur...

Nous longeons un ruisseau, la Hasel, qui enchante les enfants et près duquel...
... Nana a enfin découvert LA pomme de pin qu'elle cherchait depuis si longtemps, juste assez grosse pour remplacer la dernière... qui avait terminé sa courte vie sous forme de miettes dans les assiettes, verres et casseroles de la miss!

La hauteur des pins est impressionnante!!!
Et l'on arrive ici aux cascades du Nideck, dans lesquelles notre ruisseau termine sa course folle!!!

Afin de s'approcher, nous avons dû emprunter un sentier plus qu'escarpé que Nana et Jérémie ont eu beaucoup de mal à remonter!!!

C'est tout près que j'ai fait la connaissance d'un alsacien dont la mère est québécoise! Ca m'a fait tout chaud au coeur!

Tiens... qu'est-ce que c'est que ça?
C'est le château du Nideck, malheureusement fermé aux visiteurs mais dont l'extérieur est ravissant!

Et c'est après avoir gravi ces volées de marche...
... qu'Alex a pu photographier cette superbe vue!! Les montagnes environnantes sont magnifiques!
Et c'est au péril de sa vie que mon homme a grimpé au sommet du deuxième château du Nideck afin de vous offrir...
... ce splendide panorama... Enfin... il paraît qu'on peut apercevoir le camp de concentration du Struthof, mais il faut chercher longtemps parce que nous ne l'avons pas vu!
Vous devez à la témérité d'Alex la photo de ce lézard perché sur la marche d'un escalier longeant une falaise...
Et qui attendait sagement son mari en surveillant les enfants qui ne pouvaient s'engager dans cette montée?
Vous avez deviné, bravo!
C'est par ces jolies fleurs que nous avons terminé notre périple plutôt physique cette fois-ci; peut-être un peu trop pour les plus jeunes qui s'en sont pourtant sortis comme des chefs!

Nana n'a pas perdu sa pomme de pin, et nous nous sommes arrêtés sur le chemin du retour afin de pique-niquer près d'un plan d'eau dans lequel deux énormes cygnes se promenaient.

Un soleil chaud, mais pas trop... juste ce qu'il fallait pour se sentir à l'aise sans être écrasés par la chaleur!

jeudi 24 avril 2008

Le sombre destin du cochon rose

L'après-midi finissant allongeait les ombres des passants... le soleil encore chaud et doux embellissait la vision que la fillette avait de la fenêtre de la chambre de sa maman.

Dans la main, elle tenait un cochon rose... car cette enfant aimait beaucoup le rose, contrairement à sa génitrice.

S'accrochant aux barreaux de la grille protectrice, Nana y glissa les pieds, dans les insterstices laissant juste passer la chaussure... rose? Non, blanche et orange... c'était sa maman qui l'avait choisie...

La fillette regarda passer le chat de la maison d'en face, les voitures de ceux qui rentraient après une longue journée de travail retrouver la chaleur et le confort du foyer...

Le cochonnet courait, courait le long de la rambarde métallique... quand soudain...

Elle le regarda chuter, tout droit, sans crier... cogner contre le mur de brique, puis s'immobiliser dans l'herbe, tout à côté d'un buisson scintillant de ses feuilles nouvelles!

Nana observa quelques instants la figurine gisant sur le côté, puis elle courut vers la cuisine et la sécurité maternelle.

- Maman!! J'ai échappé le cochon rose par la fenêtre de toi!!!
- Demande à Olivier s'il veut aller le chercher.

Ce dernier accepta de bonne grâce, mais dans 20 minutes car il était au beau milieu de sa séance de Yu-gi-oh quotidienne à la télévision.

Jérémie, qui désirait plus que tout contempler la victime croupissant dans le gazon, se dirigea vers la chambre, suivi par Elana.

Ils purent ainsi assister à une scène épouvantable...

- Maman!!! Maman!!! Il y a un garçon qui a pris le cochon rose!!! Il l'a pris dans ses mains et il l'a emporté!!
- Vous lui avez dit que c'était à vous?
- Non, parce qu'il est rentré dans la maison de la porte jaune!! C'était la porte JAUNE!!!

Et c'est ainsi qu'ils perdirent leur cochon rose... dans une maison à la porte jaune... à cause d'un petit garçon aux cheveux... bruns?

Ils ne purent que souhaiter ardemment qu'il soit bien traité...

jeudi 17 avril 2008

Tout simplement!

- Qu'est-ce que t'as mangé chez mamie?
- Des frites avec du pétaché!
- Du steak haché?
- ...
- ...
- J'arrive pas...

La gestion du repassage: un monde bien mal connu!

Aujourd'hui, Mimi et moi faisons le repassage!!!

Vous avez bien compris, je pense, que l'essentiel de l'exercice consiste à retirer les plis disgracieux d'une certaine quantité de vêtements.

Jérémie fait office de contremaître, puisqu'il choisit soigneusement chaque morceau et décide de l'ordre dans lequel je - moi, l'ouvrière - le soumettrai à la chaleur de mon fer à repasser!

Mon répartiteur de tâches devient vite gestionnaire des chaussettes solitaires et c'est avec un plaisir inégalé que nous nous adonnons à la recherche de leurs jumelles!!!

Mais bientôt...

... tout plaisir ayant une fin...

- Mais maman... tu sais, je ne peux pas te donner QUE des chaussettes!!!
- Ah non???

En réalité, j'avais très hâte de recevoir autre chose, mais comme je ne voulais pas contrarier mon patron, j'ai accueilli avec une résignation souriante et contrôlée le pull qu'il me présenta.

Et c'est là que je fis une gaffe!!! Mais une gaffe!!!

- Maman!!! T'as mis le pull de papa dans la pile d'Olivier!!!

Oh mince!!! Faute grave dans le tri avant distribution!

- Regarde, maman!!!

Il déplie le pull, qui, effectivement, est la propriété d'Alex, puis pointe une inscription sur le haut de la manche gauche!

- Ici, c'est écrit "papa"!
- Ah bon! Je vois "Maverick"!
- C'est écrit "papa"!
- Ah oui...

Ne jamais contredire son responsable s'il s'obstine dans son erreur... J'admire sa concentration, son sérieux dans le zèle, son professionnalisme... C'est un vrai!!!

Une grande partie des plis se sont envolés, mon superviseur a préféré quitter son poste sur la fin - c'est le privilège des chefs, et je suis venue à bout, toute seule, de la plus haute montagne du monde de mon appartement!!!

Ouf!!

Ce n'était pas facile!!!