Séduit par ma folie, ma spontanéité, mes yeux "trisos" et mes expressions qui te faisaient pouffer de rire, tu as décidé de prendre le très gros risque de t'engager avec moi et sans me connaître assez pour avoir le recul nécessaire à une décision de cette envergure.
Pour ma part, ton humour noir et incisif comme tes yeux bleus limpides m'ont à ce point fascinée et ensorcelée que la démesure qui me caractérise si bien se fît fureur de vivre et me catapulta vers toi, ta France et ta vie...
Après ces quelques années, malgré les grands bouleversements du début, la routine qui a fini par s'installer et les nombreux désaccords dus à nos différents tempéraments, je me suis toujours sentie respectée par toi...
Ronde ou mince, sérieuse ou complètement dingue, triste ou gaie, fonceuse ou craintive... je n'ai jamais eu le sentiment que tu avais honte de mes paroles, de mes rires, de mes attitudes, de mes actions ou de mon apparence quelque peu négligée...
Au contraire, l'amour sincère et le profond respect que nous avons l'un pour l'autre nous porte à entretenir et préserver cette grande complicité débordant de tendre amitié et d'infinie solidarité...
Quelles que soient les difficultés, les frustrations ou les plaisirs qui parsèment nos journées, nous savons que, le soir venu, nous serons deux à se raconter, se caresser, se consoler ou simplement se toucher; pied contre pied, dos contre ventre, peau contre peau...
Nous savons que nous sommes un rempart l'un pour l'autre et que quelles que soient les erreurs que nous ferons ou les pièges dans lesquels nous tomberons, nous assumerons ensemble...
... comme des complices, des amants, des amis...
lundi 21 janvier 2008
vendredi 18 janvier 2008
Veille et réveil
La pluie s'est faite entendre cette nuit... et en France, nous avons des volets métalliques dont un des inconvénients est de résonner au contact des gouttes d'eau s'y abattant et, de ce fait, de multiplier par dix le bruit de la chute d'une parcelle de nuage.
Une petite fille a pris la mauvaise habitude de craindre ce tintamarre annonciateur, croit-elle, d'une chute de volets précédant une invasion de redoutables dragons cracheurs de feu et grands gastronomes se léchant déjà les babines à l'idée de la dégustation imminente de la chair délicate des petits enfants...
Les douces paroles rassurantes n'ont aucun effet... les appels reprennent après quelques minutes... les menaces d'écartèlement, de pal et d'immolation sont légèrement plus efficaces après une heure trente de visites régulières à la chambre des petits... mais nous laissent un léger sentiment de culpabilité...
Ce matin, ayant très peu dormi, j'ai bravement ignoré la ténacité d'Alex me susurrant à l'oreille que si je n'allais pas les reconduire à l'école ce serait pire, et qu'il était tard... mais c'est au moment où j'ai aperçu ma Nana en forme pour une nouvelle journée... elle que ce long moment d'éveil avait à peine atteint... que je me suis découvert un réservoir insoupçonné de courage...
Les yeux dans le vague, la tête pleine de forgerons sadiques me martelant le cerveau, je me suis mise en pilotage automatique pour la préparation du petit-déjeuner, l'habillement, la coiffure et les caresses...
Et maintenant, en écrivant, je savoure un bon café dont la magie se fait déjà sentir...
Une petite fille a pris la mauvaise habitude de craindre ce tintamarre annonciateur, croit-elle, d'une chute de volets précédant une invasion de redoutables dragons cracheurs de feu et grands gastronomes se léchant déjà les babines à l'idée de la dégustation imminente de la chair délicate des petits enfants...
Les douces paroles rassurantes n'ont aucun effet... les appels reprennent après quelques minutes... les menaces d'écartèlement, de pal et d'immolation sont légèrement plus efficaces après une heure trente de visites régulières à la chambre des petits... mais nous laissent un léger sentiment de culpabilité...
Ce matin, ayant très peu dormi, j'ai bravement ignoré la ténacité d'Alex me susurrant à l'oreille que si je n'allais pas les reconduire à l'école ce serait pire, et qu'il était tard... mais c'est au moment où j'ai aperçu ma Nana en forme pour une nouvelle journée... elle que ce long moment d'éveil avait à peine atteint... que je me suis découvert un réservoir insoupçonné de courage...
Les yeux dans le vague, la tête pleine de forgerons sadiques me martelant le cerveau, je me suis mise en pilotage automatique pour la préparation du petit-déjeuner, l'habillement, la coiffure et les caresses...
Et maintenant, en écrivant, je savoure un bon café dont la magie se fait déjà sentir...
jeudi 17 janvier 2008
Bulle, envole-toi...
Te rencontrer m'a laissé un goût de désespoir... ta jeunesse, ton dévouement pour tes enfants, ta petite fin du monde à toi parce que tu te sens seule à gérer cette famille que vous avez pourtant faite à deux...
Je me suis revue, environ au même âge que toi... la tête pleine de l'injustice trop présente dans le fait de se sentir seule; célibataire en couple... image contradictoire mais pourtant trop souvent réelle...
Il nous arrive, femmes que nous sommes, d'avoir envie de prendre très - trop - tôt cette responsabilité d'être mères alors que celui en qui nous voyons l'homme de notre vie et le père idéal cache bien fort, de peur de nous décevoir, le petit garçon en lui qui se sent pris au piège de ce qu'il est incapable d'assumer...
Et commence alors la valse des insatisfactions mutuelles... ta frustration de maman abandonnée qui ne se voit plus femme dans les yeux de son conjoint... le sentiment de culpabilité de ton homme qui sait que la balle est dans son camp et qui ne se sent pas apte à la saisir au vol et prendre enfin au sérieux son rôle dans la scène qu'il avait accepté de jouer avec toi...
Jeune, jolie et pleine de vie comme tu es, ne te laisse pas dépérir dans cette atmosphère polluée par l'incompréhension...
Lâche-toi, fais du grabuge, impose-toi!!!
Bulle... envole-toi!!!
Je me suis revue, environ au même âge que toi... la tête pleine de l'injustice trop présente dans le fait de se sentir seule; célibataire en couple... image contradictoire mais pourtant trop souvent réelle...
Il nous arrive, femmes que nous sommes, d'avoir envie de prendre très - trop - tôt cette responsabilité d'être mères alors que celui en qui nous voyons l'homme de notre vie et le père idéal cache bien fort, de peur de nous décevoir, le petit garçon en lui qui se sent pris au piège de ce qu'il est incapable d'assumer...
Et commence alors la valse des insatisfactions mutuelles... ta frustration de maman abandonnée qui ne se voit plus femme dans les yeux de son conjoint... le sentiment de culpabilité de ton homme qui sait que la balle est dans son camp et qui ne se sent pas apte à la saisir au vol et prendre enfin au sérieux son rôle dans la scène qu'il avait accepté de jouer avec toi...
Jeune, jolie et pleine de vie comme tu es, ne te laisse pas dépérir dans cette atmosphère polluée par l'incompréhension...
Lâche-toi, fais du grabuge, impose-toi!!!
Bulle... envole-toi!!!
samedi 12 janvier 2008
Une dernière, svp, juste une!!!
Il y a déjà quelques semaines, j'ai mis dans ma bouche le dernier morceau de gomme (chewing-gum) à la cannelle en ma possession depuis mon retour du Québec...
Ce fut un grand moment... j'ai mâché, goûté les saveurs corrosives; cette brulûre glacée lorsque la gomme demeure trop longtemps au même endroit, cette douceur sauvage!!! J'ai eu du mal à la jeter... la regardant, sachant que derrière cette vulgaire apparence de pâte à modeler mâchouillée se cachait la fin d'un plaisir un jour retrouvé et qui repart, après nous avoir suffisamment alléchés et mis en son pouvoir pour que la séparation soit d'autant plus difficile...
Après avoir argumenté dans ma propre cervelle que vraiment, c'était pas génial de s'en faire autant pour ça, j'ai fini par la garrocher dans la poubelle la plus proche; sans remords, sans regrets...
... jusqu'à...
Jusqu'à ce que, mercredi, alors que je déplaçais l'écran de l'ordinateur, je tombe soudainement sur un paquet de gomme à la cannelle!!!!
Le coeur, la tête, la bouche en feu, je criai merci à la providence qui avait eu pitié de ma situation...
... et je m'aperçus qu'il était vide...
Bien vide!!!
Et de dépit, je l'envoyai valdinguer dans la même poubelle que sa petite soeur, jadis, avait visité...
Maudite providence!!!
Ce fut un grand moment... j'ai mâché, goûté les saveurs corrosives; cette brulûre glacée lorsque la gomme demeure trop longtemps au même endroit, cette douceur sauvage!!! J'ai eu du mal à la jeter... la regardant, sachant que derrière cette vulgaire apparence de pâte à modeler mâchouillée se cachait la fin d'un plaisir un jour retrouvé et qui repart, après nous avoir suffisamment alléchés et mis en son pouvoir pour que la séparation soit d'autant plus difficile...
Après avoir argumenté dans ma propre cervelle que vraiment, c'était pas génial de s'en faire autant pour ça, j'ai fini par la garrocher dans la poubelle la plus proche; sans remords, sans regrets...
... jusqu'à...
Jusqu'à ce que, mercredi, alors que je déplaçais l'écran de l'ordinateur, je tombe soudainement sur un paquet de gomme à la cannelle!!!!
Le coeur, la tête, la bouche en feu, je criai merci à la providence qui avait eu pitié de ma situation...
... et je m'aperçus qu'il était vide...
Bien vide!!!
Et de dépit, je l'envoyai valdinguer dans la même poubelle que sa petite soeur, jadis, avait visité...
Maudite providence!!!
vendredi 11 janvier 2008
Explication laborieuse d'un interdit
Tout en marchant vers l'école, nous contournons un genre de serpent terreux auquel sont encore collées quelques touffes d'herbes...
- Beurk!!! Attention, maman, il y a un caca!!!!
- Mais non, c'est pas un caca, Nana! C'est un morceau de terre!
- Mais c'est pas bon à manger, hein?
- Ah non!
- On peut être malades et on peut même mou'ir!!!
- On peut être malades, oui!
- Comme avec les champignons!
- Mais c'est bon, les champignons!
- La maîtresse a dit que les champignons dans la forêt il faut pas les manger parce que si on les mange on peut avoir mal au ventre et on peut même mou'ir!!!
- Oui, c'est vrai! Ta maîtresse a raison!
- Parce que dedans les champignons, y a des petites abeilles qui nous piquent!!!!
- ...
Elle a de drôles d'idées, la maîtresse!!!!
- Beurk!!! Attention, maman, il y a un caca!!!!
- Mais non, c'est pas un caca, Nana! C'est un morceau de terre!
- Mais c'est pas bon à manger, hein?
- Ah non!
- On peut être malades et on peut même mou'ir!!!
- On peut être malades, oui!
- Comme avec les champignons!
- Mais c'est bon, les champignons!
- La maîtresse a dit que les champignons dans la forêt il faut pas les manger parce que si on les mange on peut avoir mal au ventre et on peut même mou'ir!!!
- Oui, c'est vrai! Ta maîtresse a raison!
- Parce que dedans les champignons, y a des petites abeilles qui nous piquent!!!!
- ...
Elle a de drôles d'idées, la maîtresse!!!!
jeudi 10 janvier 2008
Radiologie mensongère
Alors là!!! Je ne suis pas contente!!!
Ce matin, j'avais rendez-vous à 8:30 pour une radiographie de ma hanche douloureuse... Et nous devions nous dépêcher!!! Nous avons englouti notre petit-déjeuner comme si nous n'avions pas mangé depuis des lustres; j'ai pressé les enfants, les ai habillés en chemin!! Il fallait voir les pauvres petits courir vers l'école en remontant slips et pantalons!!!
Après les avoir catapultés dans leurs classes respectives, j'ai piqué un sprint vers la clinique de radiologie... me suis contorsionnée sur une table métallique sous le regard concupiscent de la technicienne!!!
Et tout ça pour quoi????
Pour me faire dire, avec le sourire, s'il-vous-plaît, que je n'ai rien!!! Rien du tout!!!
Pas d'arthrite rhumatoïde dégénérative; non plus d'infection articulaire chronique; aucune hernie bulbeuse du trochanter ou de nécrose fémorale du bassin!!!
Ah mais je ne me suis pas laissée faire!!!!! Debout, en slip, je me suis mise à hurler que je voulais voir le patron!!!! A mon grand dam, il était déjà là... c'était lui qui m'avait fait l'insulte de me dire que je n'avais rien...
"Insinuez-vous que je me plains pour rien??? Je ne suis pas venue ici pour ça!!! Je n'ai pas dépensé mon argent pour me faire dire que je suis en bonne santé!! Je suis malade et je vois bien dans votre regard sournois que vous me cachez quelque chose!!!!! Si je n'avais rien eu, je ne serais pas venue!!! Avouez donc, si vous êtes un homme, que je souffre d'une forme très rare d'arthrose scrofuleuse dégénérative à évolution rapide et que je n'en ai plus que pour quelques semaines!! Avouez!!!!"
Devant mes yeux menaçants, l'immonde personnage finit par reconnaître que j'avais raison... et je me retrouvai dehors illico presto...
C'est qu'on ne me la fait pas, à moi!!!!
Vous n'avez rien, madame... pffff!!!
Ce matin, j'avais rendez-vous à 8:30 pour une radiographie de ma hanche douloureuse... Et nous devions nous dépêcher!!! Nous avons englouti notre petit-déjeuner comme si nous n'avions pas mangé depuis des lustres; j'ai pressé les enfants, les ai habillés en chemin!! Il fallait voir les pauvres petits courir vers l'école en remontant slips et pantalons!!!
Après les avoir catapultés dans leurs classes respectives, j'ai piqué un sprint vers la clinique de radiologie... me suis contorsionnée sur une table métallique sous le regard concupiscent de la technicienne!!!
Et tout ça pour quoi????
Pour me faire dire, avec le sourire, s'il-vous-plaît, que je n'ai rien!!! Rien du tout!!!
Pas d'arthrite rhumatoïde dégénérative; non plus d'infection articulaire chronique; aucune hernie bulbeuse du trochanter ou de nécrose fémorale du bassin!!!
Ah mais je ne me suis pas laissée faire!!!!! Debout, en slip, je me suis mise à hurler que je voulais voir le patron!!!! A mon grand dam, il était déjà là... c'était lui qui m'avait fait l'insulte de me dire que je n'avais rien...
"Insinuez-vous que je me plains pour rien??? Je ne suis pas venue ici pour ça!!! Je n'ai pas dépensé mon argent pour me faire dire que je suis en bonne santé!! Je suis malade et je vois bien dans votre regard sournois que vous me cachez quelque chose!!!!! Si je n'avais rien eu, je ne serais pas venue!!! Avouez donc, si vous êtes un homme, que je souffre d'une forme très rare d'arthrose scrofuleuse dégénérative à évolution rapide et que je n'en ai plus que pour quelques semaines!! Avouez!!!!"
Devant mes yeux menaçants, l'immonde personnage finit par reconnaître que j'avais raison... et je me retrouvai dehors illico presto...
C'est qu'on ne me la fait pas, à moi!!!!
Vous n'avez rien, madame... pffff!!!
mercredi 9 janvier 2008
Un cadeau pour toi que j'ai fait toute seule!!
Durant l'enfance, nous voulons par-dessus tout imiter ces adultes que nous admirons et auxquels nous espérons un jour ressembler... ces parents qui nous offrent jouets et vêtements, nourriture et autres gâteries nous donnent l'envie naturelle de leur rendre la pareille...
Et ici, c'est souvent l'école qui entre en jeu en fournissant l'aide et les moyens à l'enfant via l'expérience de l'institutrice!
C'est ainsi que nous, adultes, nous voyons offrir de superbes présents; trop souvent l'oeuvre en majeure partie de la maîtresse qui désire montrer son savoir-faire aux parents... mais parfois le résultat d'un travail acharné de notre enfant qui a réussi, à travers moult gribouillis, coups de ciseaux et monticules de colle disgracieux, à confectionner un cadeau!!!!
C'est ainsi que j'ai un jour fabriqué à mon papa un pot à crayons qu'il possédait encore il y a peu de temps... un boîte métallique de tabac que j'avais enfoncé à l'intérieur d'une dizaine de sacs de pain de mie et que ma maîtresse a passé au four... avec pour résultat le plus beau pot jamais vu... amalgame de plastiques de différentes couleurs fondus et emmêlés produisant un aspect plutôt minable... à la mode des années 70 en fait!
Pour ma mère, le cadeau "scolaire" dont je me souviens le plus était un long fil noir sur lequel j'avais enfilé des macaronis secs... Ma chère maman l'avait porté toute la soirée; qu'est-ce qu'il lui allait bien, ce collier!!! Une vraie princesse!!
Par la suite, j'ai pris l'habitude, discrètement, d'aller dans sa chambre croquer un macaroni... Un, ça ne se voit pas! Mais si ça se répète trop souvent... bon, on sait ce que c'est!!! Si bien que j'ai fini, après plusieurs semaines, par avaler l'ensemble des pâtes touchées, triturées par toute la famille... à l'exception du fil, bien sûr, que j'ai laissé là, tout seul, et que ma mère doit avoir fini par jeter!
Quelques années plus tard, les enfants reçoivent de l'argent de poche et désirent imiter de façon encore plus évidente leurs géniteurs!!! Ils veulent leur acheter un cadeau!!!
La première fois que j'obtins la permission de dépenser un peu d'argent pour l'anniversaire de ma mère, à l'âge de 7 ou 8 ans, je me demandai, comme elle le faisait elle-même, de quoi elle avait envie; ce qui lui serait vraiment utile... Parcourant les rayons du magasin - une pharmacie québécoise dans laquelle on trouve de tout - je finis par opter pour une boîte de Tampax, puisque je me rappelais en avoir vu régulièrement dans la salle de bain...
Ma maman fut séduite par le cadeau personnalisé, et ma grande soeur se moqua de moi; tant et si bien que je courus acheter autre chose, afin de colmater cette brèche honteuse dans ma fierté!!!! Un petit hibou en je ne sais quoi qu'elle a gardé - qu'elle a peut-être encore - et qui lui rappelle cette boîte de tampons hygiéniques!!
Je suis d'ailleurs certaine qu'en lisant ce texte, ma grande soeur Anne s'en voudra à mort et m'enverra un gros, gros cadeau pour se faire pardonner!!!
A ce jour, pour ma part, j'ai reçu de magnifiques colliers de perles en bois ou en plastique multicolores, un miroir dont le cadre a été amoureusement peinturluré par Mimi, un macaron qui se fixe sur les vêtements de la part de Claude-Anne, un cadre photo d'Olivier qui trône sur une étagère et des tonnes de magnifiques dessins!!!
Quand je pense que ma grande fille, qui aura bientôt 18 ans, sera peut-être maman d'ici quelques années - pas trop tôt, quand même! - et recevra à son tour ces témoignages d'amour maladroitement mais affectueusement fabriqués!!!
Et ici, c'est souvent l'école qui entre en jeu en fournissant l'aide et les moyens à l'enfant via l'expérience de l'institutrice!
C'est ainsi que nous, adultes, nous voyons offrir de superbes présents; trop souvent l'oeuvre en majeure partie de la maîtresse qui désire montrer son savoir-faire aux parents... mais parfois le résultat d'un travail acharné de notre enfant qui a réussi, à travers moult gribouillis, coups de ciseaux et monticules de colle disgracieux, à confectionner un cadeau!!!!
C'est ainsi que j'ai un jour fabriqué à mon papa un pot à crayons qu'il possédait encore il y a peu de temps... un boîte métallique de tabac que j'avais enfoncé à l'intérieur d'une dizaine de sacs de pain de mie et que ma maîtresse a passé au four... avec pour résultat le plus beau pot jamais vu... amalgame de plastiques de différentes couleurs fondus et emmêlés produisant un aspect plutôt minable... à la mode des années 70 en fait!
Pour ma mère, le cadeau "scolaire" dont je me souviens le plus était un long fil noir sur lequel j'avais enfilé des macaronis secs... Ma chère maman l'avait porté toute la soirée; qu'est-ce qu'il lui allait bien, ce collier!!! Une vraie princesse!!
Par la suite, j'ai pris l'habitude, discrètement, d'aller dans sa chambre croquer un macaroni... Un, ça ne se voit pas! Mais si ça se répète trop souvent... bon, on sait ce que c'est!!! Si bien que j'ai fini, après plusieurs semaines, par avaler l'ensemble des pâtes touchées, triturées par toute la famille... à l'exception du fil, bien sûr, que j'ai laissé là, tout seul, et que ma mère doit avoir fini par jeter!
Quelques années plus tard, les enfants reçoivent de l'argent de poche et désirent imiter de façon encore plus évidente leurs géniteurs!!! Ils veulent leur acheter un cadeau!!!
La première fois que j'obtins la permission de dépenser un peu d'argent pour l'anniversaire de ma mère, à l'âge de 7 ou 8 ans, je me demandai, comme elle le faisait elle-même, de quoi elle avait envie; ce qui lui serait vraiment utile... Parcourant les rayons du magasin - une pharmacie québécoise dans laquelle on trouve de tout - je finis par opter pour une boîte de Tampax, puisque je me rappelais en avoir vu régulièrement dans la salle de bain...
Ma maman fut séduite par le cadeau personnalisé, et ma grande soeur se moqua de moi; tant et si bien que je courus acheter autre chose, afin de colmater cette brèche honteuse dans ma fierté!!!! Un petit hibou en je ne sais quoi qu'elle a gardé - qu'elle a peut-être encore - et qui lui rappelle cette boîte de tampons hygiéniques!!
Je suis d'ailleurs certaine qu'en lisant ce texte, ma grande soeur Anne s'en voudra à mort et m'enverra un gros, gros cadeau pour se faire pardonner!!!
A ce jour, pour ma part, j'ai reçu de magnifiques colliers de perles en bois ou en plastique multicolores, un miroir dont le cadre a été amoureusement peinturluré par Mimi, un macaron qui se fixe sur les vêtements de la part de Claude-Anne, un cadre photo d'Olivier qui trône sur une étagère et des tonnes de magnifiques dessins!!!
Quand je pense que ma grande fille, qui aura bientôt 18 ans, sera peut-être maman d'ici quelques années - pas trop tôt, quand même! - et recevra à son tour ces témoignages d'amour maladroitement mais affectueusement fabriqués!!!
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